Éditorial: L’amoureuse

par Sarah-Maria

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L’amour… Tout a tellement été dit, écrit, chanté sur ce sentiment universel : comment en parler sans tomber dans le cliché ? En fait, pour tout dire, je ne crois pas en l’amour ! C’est-à-dire que je ne crois pas en l’amour tel qu’il est présenté dans notre culture populaire, actuelle et passée.

Ce désir de l’autre, cette construction de rêves, d’espoirs, cet appel si profond vers la fusion qui nous amènent à actualiser ce qu’il y a de plus merveilleux en nous, puis à descendre dans ce qu’il y a de plus douloureux… Est-ce vraiment l’amour ? J’appellerais plutôt ça : attraction.

Attraction physique, mentale, émotionnelle… pour plusieurs raisons qui échappent souvent à notre psyché.

Cependant, la plupart du temps, l’amour est mélangé à de la dépendance affective non assumée. Et c’est ce sentiment que l’on recherche, ce « fix », cette intensité, celle qui nous fait sourire à la vie d’un grand sourire d’espoir.

Pourtant… Je suis amoureuse de cet amour-là au moment où j’écris ces mots.

Je suis une éternelle amoureuse : j’aime aimer ! J’aime fusionner, devenir un avec l’autre, devenir une entité puissante et pleine de potentialité créatrice.

Mais je sais trop bien que tout a un prix. Se perdre dans l’autre, c’est se perdre soi-même. C’est donc l’amour de moi que je veux nourrir avant  tout. C’est le chemin le plus difficile, mais c’est celui qui me semble le plus durable et le plus écologique. Être entière, unie à un autre être entier. Mais comment garder cet équilibre précaire entre l’expansion et la contraction ? C’est ce que j’explore jour après jour, dans la lumière et dans l’ombre.

Au fond, l’amour véritable serait pour moi, une profonde amitié dans laquelle l’un et l’autre passent à travers les remous, dans un climat d’acceptation et de bienveillance. Ce genre de relation se poursuit à travers le temps et, si la confiance en est une des composantes essentielles, l’amour de soi en est une autre.

Dans cet espace, le sentiment d’amour universel et d’extase que l’on ressent pour toute vie à certains moments peut vraiment s’enraciner. L’extase, c’est cet état dans lequel nous sommes reliés à plus grand que nous, cet état dans lequel le Yang et le Yin s’imbriquent dans l’Unité. Nous devenons ainsi indifférenciés, nous devenons Source primordiale. Cet état est si puissant qu’il ne peut faire autrement que d’ouvrir des portes fermées à clef et faire sortir les ombres du placard. Mais quand l’amour-amitié est fort, ces chimères n’ont plus d’emprise sur nous.

En ce temps où les relations naissent et meurent l’instant d’une consommation, est-il encore possible de vivre l’amour tel que je le conçois ? J’en suis certaine. Plusieurs exemples autour de moi m’inspirent. Puisse notre cheminement servir lui aussi d’exemple un jour !

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