La famille dans un monde hypersexualisé

par Julien Fournier

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À une époque où les comportements sexuels les plus divers se discutent ouvertement autour d’un bon repas entre amis ou se donnent en spectacles souvent excessifs sur la toile, il convient de s’interroger sur le sens de la sexualité et de la famille dans notre société.

La conception la plus traditionnelle de la sexualité est qu’elle se déroule entre un homme et une femme unis au sein du mariage afin de fonder une famille et d’avoir des enfants. Cet idéal culturel est cependant en déclin à un point tel que certains conservateurs parlent d’une crise de la famille.

Le tiers des mariages se solde par le divorce et les familles recomposées se multiplient. Plusieurs célibataires préfèrent le libertinage à un quelconque engagement ferme, tandis que davantage de couples hétérosexuels bien nantis vivent en union libre sans souhaiter avoir d’enfants.

En outre, des unions libres ou des mariages sont formés par des couples homosexuels, certains ayant des enfants issus de l’adoption ou de relations précédentes. Un chanoine des années 1940 perdrait certes son latin devant de telles mutations sociales.

Aux côtés de la Révolution tranquille des années 1960, une véritable révolution sexuelle s’est jouée dans tout l’Occident. L’émancipation des femmes, la popularisation de nouveaux moyens de contraception et la fin de la toute-puissance de l’Église sur la société québécoise ont ouvert une véritable boîte de Pandore.

La famille traditionnelle, dont la progéniture croissait en nombre chaque année, a presque disparu. La sexualité, elle, est partout. Elle s’échange, se dévoile et se marchande tant dans le cyberespace que dans les boutiques ou dans des fêtes d’adolescents hypersexualisés.

Aujourd’hui, à l’exception de la déviante pédophilie, les orientations et les comportements sexuels les plus inédits sont acceptés et se retrouvent dans le vocabulaire commun, lorsque ce n’est pas dans la couche commune.

Loin d’aborder ce thème délicat d’un point de vue moral ou religieux, c’est par le discours rationnel et progressiste des sciences sociales que la sexualité gagne à être comprise. Sexologie, sociologie, anthropologie ou psychologie, ces disciplines nous apprennent que, en dehors de l’universelle prohibition de l’inceste, les seules constantes de l’humanité sont la diversité et le changement social.

Il apparaît donc qu’il faut désormais composer avec une variété de sexualités et de modèles familiaux. Toutes les certitudes d’autrefois semblent disparaître les unes après les autres. Même la communauté fondamentaliste mormone controversée de Bountiful, en Colombie-Britannique, est en voie de démontrer l’inconstitutionnalité de la criminalisation de la polygamie au Canada.

Dans ce monde où les combinaisons familiales et les expériences sexuelles les plus diverses coexistent, une réflexion collective approfondie doit se faire sur le type de société que l’on souhaite bâtir et les modèles sexuels et familiaux qui seront présentés aux générations à venir.

En somme, les instants de plaisir que procure l’acte sexuel ne doivent pas reléguer au dernier plan le fait, qu’au bout du compte, c’est comme ça que l’on assure le futur.

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