La mise en Conserve

par Marie-Noël Gaudreault

La mise en conserve permet de conserver indéfiniment toutes les gammes d’aliments à la température de la pièce.

Il y a deux moyens de faire…
Le traitement à l’eau bouillante et le traitement à pression. Le traitement a pour but de détruire les spores de Clostridium botulinum qui rendraient la conservation à température ambiante dangereuse. Lorsqu’on met un aliment en conserve, on choisit préférablement une recette éprouvée et on respecte les ingrédients, les quantités et le temps de traitement. On met alors toutes les chances de son côté pour avoir un produit de bonne qualité qui se conserve bien.

On traite à l’eau bouillante les aliments à haute acidité (les fruits et les tomates – on ajoute du jus de citron aux tomates pour augmenter l’acidité). Pour les aliments à plus faible acidité (légumes, viandes et gibier, poissons et fruits de mer, soupes, ragoûts et recettes de tomates et de légumes sans addition d’acide), on doit traiter à pression, car ce procédé permet d’atteindre la température de 116 degrés Celsius (240 degrés Fahrenheit) nécessaires pour que cette catégorie d’aliments se conserve bien et soit sans danger pour la santé.

Matériel requis
On utilise des pots Mason , les couvercles Snap et leurs bagues spécialement conçues pour la mise en conserve domestique. Ces pots sont plus épais que les pots ordinaires, ils sont donc plus résistants à la chaleur et offrent une bonne surface de scellage. On n’utilise les couvercles Snap qu’une seule fois, car une fois utilisé, le produit rouge de scellage devient moins élastique et ne reproduit plus l’ajustement serré recherché. On peut utiliser les bagues à plusieurs reprises. On a aussi besoin d’un entonnoir à grande ouverture. Une baguette munie d’un aimant est très utile pour agripper les couvercles Snap qu’on stérilise à l’eau bouillante avant de les mettre sur les pots.

Pour le traitement à l’eau bouillante, on a besoin d’une marmite dont les rebords sont assez hauts. Les pots doivent être sur support, on doit les recouvrir d’au moins un pouce d’eau et on calcule un à deux pouces de plus pour un bouillonnement vif. On peut utiliser une grille ronde à gâteau pour faire le support, et on a besoin d’un couvercle ajusté. On trouve des marmites spécialement conçues sur le marché, au prix d’environ 20$.

La marmite à pression s’appelle un « autoclave » et elle est munie d’un cadran qui indique la pression à l’intérieur. Le presto utilisé pour la cuisson des aliments n’est pas adéquat pour la mise en conserve car il maintient une pression plus basse que celle nécessitée. On choisira un autoclave à hauts rebords, de manière à pouvoir traiter les gros pots. Le prix de cette marmite est d’environ 140$.

De plus, il est préférable de faire nos conserves avec un brûleur à propane qui offre une plus grande chaleur que le feu de la cuisinière. Ceci permet d’amener l’eau à ébullition considérablement plus vite et de maintenir une pression appropriée.

Pour un bon scellage
La réussite de nos conserves repose sur le scellage du pot. Lors du traitement à la chaleur, l’air s’échappe du pot. Pour cela, on prend soin de ne pas trop serrer la bague autour du couvercle. Pendant le refroidissement, la nourriture se contracte et un effet de vide se produit, et alors le couvercle se bombe vers le bas avec un petit son caractéristique. C’est le son de la réussite! Après 24 heures de repos, on peut identifier les pots, retirer les bagues et entreposer dans un endroit sombre.

Enfin, la mise en conserve est un art. Si vous voulez l’apprendre, il est sécurisant de le faire avec une personne expérimentée. Considérez aussi que cela demande beaucoup de temps, de la cueillette (et pour certains, ça part de la semence) jusqu’au petit pot.

Par contre, on obtient un produit d’une qualité inégalée qui, une fois l’investissement de départ absorbé, nous revient à un prix dérisoire. La mise en conserve à pression est peut-être moins intéressante, puisque l’aliment est cuit à haute température pour un bon laps de temps, ce qui affecte inévitablement sa qualité nutritive. Néanmoins, cette méthode est intéressante si on veut diminuer notre dépendance à l’électricité.

Pour trouver des recettes intéressantes et les procédures détaillées, il est important de se procurer des ouvrages spécialisés. Le Guide Bernardin de mise en conserve domestique est régulièrement mis à jour et est en vente à peu près partout où on vend les pots Mason. Stoking up III offre des recettes pour conserver tous les types d’aliments de toutes les méthodes possibles; en vente chez Biosfaire, en anglais seulement.

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