Le Trocbazar

Celui qui a peur des besoins du lendemain vit dans le besoin. Qu’il est désolant de voir chacun et chacune se murer littéralement derrière des murs d’objets que l’on stocke pour les « au cas où » du lendemain parfois (et heureusement !) si imprévisible. Noyé dans une culture de surconsommation, quoi de plus naturel qu’engranger mille et un cossins pour jouer à l’autonome, le puissant en contrôle face à l’autre. L’entraide n’est plus juste passée de mode, elle est devenue synonyme de faiblesse pour trop de gens. Pourtant, en sachant le voisin prêt à aider, en ne nourrissant aucune gêne ou aucun remords à l’idée de demander à son prochain, en étant toujours prêt à épauler l’autre, ne serait-il pas plus rassurant de vivre son quotidien ? C’est pour donner une emprise au droit à l’entraide communautaire, à la libre circulation des biens qui tempère la surconsommation et à la simplicité volontaire que le Trocbazar est né. Le Trocbazar est un concept qui ressemble beaucoup aux free stores de certaines communautés de l’Ouest canadien.

Le Trocbazar est un lieu d’échange où tous sont invités à venir donner et prendre. On donne au Trocbazar tout ce qui dort depuis trop longtemps à la maison, on prend au Trocbazar tout ce qui servira. Ainsi, quelqu’un qui arrive les mains vides peut repartir les mains pleines, sans avoir à donner. Le Trocbazar se veut le foyer d’une réflexion sur le détachement, la simplicité volontaire et les valeurs idéales d’une communauté.

1- Tu prends pour et seulement pour un besoin immédiat.
Afin d’éviter de tomber dans le piège du « au cas où », on ne prend que pour répondre à un vrai besoin.

2- On ne peut prendre un objet pour des fins de spéculations.
Aucune monnaie ne peut faire partie du processus du Trocbazar.

Évidemment, quelqu’un qui viderait le Trocbazar pour aller le revendre n’aurait pas vraiment compris le principe ! Par ailleurs, le fait qu’il n’y ait aucune monnaie impliquée dans le processus, aucun registre tenu par rapport à ce que l’on prend ou donne crée une dimension spéciale où chacun prend sans engagement et peut donc le retourner si l’objet ne s’installe pas dans son quotidien.

3- La beauté du Trocbazar passe par la volonté de la communauté du Trocbazar.
C’est à tous et chacun de garder les lieux invitants, comme c’est la responsabilité de tous d’approvisionner le Trocbazar en objets intéressants. Il est donc très facile d’instaurer un Trocbazar parce que ce n’est pas l’hôte qui doit tout gérer. Tout ce que ça prend pour faire un Trocbazar, c’est un local modeste (notre remise a été longtemps un Trocbazar idéal), un peu de motivation pour poser des tablettes et pour trouver quelques intéressés et voilà !

Un soir par mois, le Trocbazar ouvre ses portes sur le plaisir d’échanger et de revoir la communauté trocbazarienne. Je rêve d’un réseau de Trocbazars partout au Québec, mais pour cela, je ne peux travailler seul ! Nous projetons d’instaurer un Trocbazar pour les jeunes familles bientôt. Qui est preneur ?

Longue vie à la simplicité du partage !

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