L’Union Paysanne pour des campagnes vivantes!

par Sarah Maria

Avec l’industrialisation massive de l’agriculture et les mégaporcheries, mégalaiteries ou mégavollailleries(!) qui installent leurs usines de plus en plus sur la terre de nos ancêtres, il était temps de se regrouper pour préconiser une vision différente de l’agriculture, humaine et respectueuse de tous les règnes.

L’Union Paysanne est née au début décembre 2001, à Saint-Germain de Kamouraska. Elle a pour but de regrouper en une force collective toutes personnes soucieuses d’une agriculture et d’une alimentation paysannes, pour faire contrepoids au puissant lobby de l’industrie agroalimentaire et de promouvoir une agriculture respectueuse de la nature, des sols, des animaux, de l’environnement et des communautés. Elle préconise également l’occupation du territoire, pour assurer le maintien de campagnes vivantes et vibrantes. Elle compte maintenant plus de 2000 membres, de l’Abitibi à la Gaspésie, de l’Outaouais au Saguenay-Lac-St-Jean, en passant par Montréal et Québec.

Il est certain que sa popularité augmente de jour en jour, car nombre de gences sont de plus en plus soucieuses de leur santé et celle de la terre, et nombre d’agriculteurs sont fatigués de travailler de plus en plus, d’investir de plus en plus, traqués sous le poids de l’UPA (Union des Producteurs Agricoles) , sous la pression des Marchés Boursiers, qui leur demande sans cesse d’augmenter leur production. Comme s’ils n’avaient pas le choix : soit arrêter , soit grossir, ne pouvant pas être entre les deux, de taille raisonnable et saine.

Beaucoup d’anciennes fermes familiales ne veulent pas continuer dans cette roue de productivité (une ferme industrielle =15 fermes familiales), mais ne savent pas comment faire pour retourner au BIO, ont peur de la faillite puisque leurs subventions leur sont allouées par le seul syndicat reconnu par le gouvernement. L’UPA possède également la Régie des Marchés et le Crédit Agricole, elle est donc à la fois syndicat, vendeuse, patronne et juge. Heureusement, voyant ce marché de plus en plus en demande, elle donne depuis peu quelques subventions au marché BIO…C’est une très bonne nouvelle…

Tant d’agriculteurs soucieux de leur santé et celle de la Planète, voulant distribuer des vivres agricoles de qualité, n’ont pas les moyens de vivre dans cette roue ! Et autre bonne nouvelle, de plus en plus, les maires se prononcent ouvertement contre les mégaporcheries sur leur territoire, à Lévis, à Rimouski-Neigette, à Amqui, et sûrement ailleurs au Québec (n’étant pas à jour dans mes données…) À quand dans la grande région métropolitaine ? Quand on sait que 60 % de la région est occupée par des terres agricoles, il serait bien temps que cette agriculture devienne diversifiée et vibrante !

L’Union Paysanne encourage les fermes à échelle humaine: ne dépassant pas 100 unités animales, ou 100 hectares, la transformation et la mise en marché à la ferme ou une petite entreprise régionale, des pratiques agricoles écologiques, l’ouverture du statut de producteur-productrice, et la vraie démocratie rurale. Prochainement, si les subventions le permettent, l’Union ouvrira une école pour les agriculteurs-trices déjà reconnu-es, ou en voie de le devenir, pour promouvoir l’agriculture écologique. Ayant vu le film Bacon, vivant dans des régions rurales et ayant été sensibilisée au problème , je suis très heureuse de vivre ce mouvement qui regroupe des personnes extraordinaires, proches de la terre et des gens.

Pour des détails concernant les activités à venir de l’Union Paysanne, pour de l’information ou pour devenir membre, voici l’adresse Internet de l’Union: www.unionpaysanne.com

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