Ode aux abeilles: pour l’amour de la terre

par Manuel Solidage et Sarah Maria

« Aucun être vivant, pas même l’homme n’a réalisé au centre de sa sphère, ce que l’abeille a réalisé dans la sienne; et si une intelligence étrangère à notre globe venait demander à la terre le plus parfait de la logique de la vie, il faudrait lui présenter l’humble rayon de miel. »

De Maeterlink ( apiculteur et premier auteur moderne ayant écrit sur les abeilles en 1901)
Le soleil se lève et réchauffe l’été fleuri. Les fleurs s’ouvrent de toutes leurs couleurs et accueillent avec abandon les frénétiques abeilles qui s’y plongent avec volupté et délice. Ces petits êtres merveilleux ont vraiment quelque chose de magique à nous partager.

Connaissant sûrement l’unité du grand TOUT, elles sont le pont entre le soleil, les plantes (fleurs) et les animaux, dont nous les humains. Elles pollinisent non seulement les fleurs, mais en plus elle renforcissent la vitalité des plantes et de leurs fruits, jusqu’au sol. Elles sont en quelque sorte une partie du système immunitaire de la terre. Dans un jardin, elles sont un élément feu et s’activent avec la chaleur du soleil . Leur piqûre se ressent comme une brûlure, et stimule le système immunitaire (une seule suffit ! ).

Les abeilles font un travail phénoménal et insoupçonné pour la sauvegarde des éco-systèmes qui nous unissent. Sans elles, la vie telle qu’on la connaît serait impossible. Elles sont autant utiles pour l’écovillage que pour la terre toute entière. Leur présence est à encourager au plus haut point car elles sont gage d’abondance et constituent un élément important de l’auto-suffisance.

Qui dit écovillage dit: jardins = fleurs = abeilles = fruits = abondance=joie…

Les produits de la ruche
Savez-vous qu’une seule cuillerée à thé de miel que vous mangez équivaut à la vie de 100 abeilles ? En tout, ça prend 40 000 voyages pour faire une livre de miel.

Selon Steiner, au niveau vibratoire, le miel serait comme le lait maternel de la nature offert aux adultes. Le miel est tonique , anti-sceptique, expectorant, regénérateur, stimulant, aphrodisiaque… Le pollen(substance sexuelle mâle des plantes), énergise et aide les organes génitaux de la femme. Fait intéressant, c’est la seule substance à contenir les 22 éléments dont le corps humain est composé. La gelée royale, nourriture des aspirantes reines, est bactéricide, nourrissante et rajeunissante (paraît-il). Le propolisest anti-biotique, anti-irradiation , bon pour les ulcères, le stress et les migraines. La cire d’abeille est anti- sceptique, bonne pour la peau et un excellent combustible à chandelles (non polluant).

Toutes pour une et une pour toutes
C’est une société animale exemplaire qui fonctionne parfaitement depuis des millions d’années. Par de nombreux aspects, un essaim d’abeilles mellifères se comporte comme un animal unique. Chaque abeille agit comme une cellule dans un organisme, et les messages chimiques de la reine, analogues aux nerfs et aux hormones, assurent la coordination des travaux dans la ruche. Elle forme un système hiérarchique matriarcal et presqu’exclusivement féminin. Des quelques soixante mille habitants de la ruche, seulement quelques centaines de bourdons (mâle) traînent ici et là rêvant tous d’une minute d’amour avec la reine… et ne servent qu’à la reproduction !

L’abeille est apparue il y a environ 120 millions d’années, à la même époque où apparurent les premières plantes à fleurs. Il existe plusieurs souches d’abeilles à travers le monde. L’abeille italienne est la plus utilisée au Québec car elle est paisible, populeuse et productive. Elle est souvent croisée avec d’autres souches par les apiculteurs. L’origine de l’apiculture remonte à un temps très ancien. L’histoire en fait mention depuis Babylone et l’Égypte ancienne. Jusqu’à récemment, les abeilles étaient divinifiées.

Toute leur organisation est hexagonale, une géométrie sacrée que l’on retrouve dans le quartz, dans les flocons de neige, la fleur de vie, etc. L’ alvéole est une merveille architecturale, et les rayons forment, semble- t-il, l’ossature qui supporte toutes les activités internes de l’organisme-ruche .

Albert Einstein disait: Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait que quatre années à vivre. Plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’hommes.

La situation est précaire
Depuis plusieurs années , les pollinisateurs naturels et les abeilles d’élevage sont en déclin grave. Pour la pérennité des cultures et la survie des espèces, l’abeille nous semble la sauveuse. La survie des abeilles est intimement reliée à la notre. La population humaine de la terre ne cesse d’augmenter. Celle des abeilles, par contre, décline à un rythme effarant. Il y a 20 ans, on comptait 7 millions de ruches au Canada, alors qu’aujourd’hui, on en compte que 2.5 millions. Si ce nombre continue de diminuer, c’est toute la production agricole qui pourrait être compromise.

Les pesticides, la monoculture et la disparition graduelle de la flore sauvage sont autant de facteurs qui menacent la survie des abeilles. Il y a aussi la production intensive et commerciale qui ne leur donndonnent pas une bonne qualité de vie et de renforcissement face aux maladies . De plus, beaucoup d’apiculteurs donnent du sucre aux abeilles car ils leurs retirent trop de miel avant l’hiver. Imaginez la santé …

Comment aider les abeilles ? Les ruches rondes augmentent la vitalité et l’harmonie de la ruche. En laissant dans nos jardins des fleurs pour les abeilles soit domestiquées ou sauvages (ne pas tout couper…) Leurs préférées: la monarde, les fines herbes, les labiés (milices, cataire, menthe…), les roses, la camomille, l’hysope, la saliquaire, la verge d’or…et plein d’autres.

Imaginez un beau jardin de fleurs dévoué aux abeilles. Un jardin d’ abeilles.
Plus on en apprend sur les abeilles et plus elles piquent notre curiosité…
Le miel est la parole du Christ.
L’or fondu de son amour.
L’au-delà du nectar.
La momie de la lumière du paradis.
La ruche est une chaste étoile, un frisson cosmique,
un puit d’ambre alimenté au rythme des abeilles.
Le sein des campagnes tremblant d’arômes et de bourdonnements. (…)
O divine liqueur de l’espérance où l’âme et la matière se marient dans un équilibre parfait (…)
Tu es des fleurs l’achèvement suprême.

Tirée du cantique du miel de Frederico Garcia Lorca

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