Psychosomatiquement

par Paolo Duchesneau

Lorsqu’on prononce un mot, qu’est-ce qui nous fait le plus vibrer dans celui-ci?  Est-ce son sens au moment présent, la prononciation ou la faculté  de s’exprimer dans une structure acceptée ou non? Il est à présent reconnu que l’on peut diviser ce phénomène en trois. Ce phénomène d’expression se divise tout d’abord par le langage , la langue et la parole.

Le langage est le premier moyen d’expression pour l’homme qui devait cohabiter avec ses semblables pour survivre. On parle ici de dessin, de tambour, de danse, de mots-sons et autres.  La force du langage est son universalité. On peut recevoir à boire, partout au monde, par un geste de la main. Le langage, malgré sa structure, est resté ouvert à toutes nouvelles formes d’expression. C’est un besoin vital.

La langue, quant à elle, est plus précise, plus synchronique, c’est-à-dire qu’elle est  plus fermée sur elle-même. Elle permet de définir un sens avec l’agencement des mots simultanés dans un contexte de structure. C’est le point de départ de l’entente.

Enfin, il y a la parole. La parole est un acte du moment présent. Si l’on enlève le sens des mots, il restera le corps qui manifeste et vit cette expression.

Tout cela est bien beau, mais en quoi cela nous servirait-il dans notre village???

Eh bien, dans l’idéal d’un écovilage biodynamique, on ne peut négliger notre moyen de communication. C’est en effet essentiel dans un milieu de coopération.

Il faut surtout considérer le fait qu’un même mot puisse prendre plusieurs sens selon le vécu de chacun, et que de toute parole peut découler une toute nouvelle structure de langage qu’il faudra codifier à la langue. Il est important de prendre ces détails au sérieux, car le passé nous a bien démontré combien les homme peuvent facilement se perdre dans des argumentations piégées de sens linguistique.

Dans un écovillage sain, les gens sont conscients de ces phénomènes linguistiques. Une communication consciente du fait que derrière une tonalité se cache un sens, que derrière la langue se trouve le besoin de communiquer et que derrière le langage se trouve l’infini.

En diffusant la communication comme cela, il est possible maintenant de voir une discussion comme un livre ouvert sur toutes les possibilité de sens et de structure.

Un simple petit mot peut parfois réveiller des monstres cachés en nous. Mieux vaut les détecter et en trouver la racine. Ainsi aurons-nous plus de chance d’avoir un écovillage qui se porte bien psychosomatiquement.

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