Très cher amour…

par Sarah Maria

Toi qui me hante
Toi qui m’as conquis
dès le premier instant où je t’ai connu
Toi qui m’obsède, me tente, me fait languir
Qui me fait vivre des sensations charnelles,
des émotions incontrôlables…
Dès que s’esquisse ne serait-ce
que l’ombre de ta présence, je te désire, ah, tellement !
Et je te vois partout ! Tu es partout où je pose mon regard.
Dans les endroits publics, dans les fêtes je te vois.
Dans mon déjeuner du matin, dans mes
pauses-collations de l’après-midi, en travaillant,
et même le soir !

Je ne peux m’empêcher de penser à toi.
Quand je m’ennuie, quand je suis heureuse, en
peine, en joie, fatiguée, énergisée…
toujours tu me titilles, toujours j’ai le goût de toi!
Mais voilà justement que je me rends compte que
j’en suis devenue dépendante.
Je ne peux plus me passer de toi !
Quand tu n’es pas là, je me sens fatiguée,
amorphe, on dirait que je n’ai plus le goût à rien.
Ou bien je deviens impatiente, triste et en colère…
même dépressive !

Et pourtant, hmmm…dès que tu es en moi…
je monte au septième ciel ! Je ressens une telle
joie, je peux rire pendant des heures !
Et dès que j’essaie de te dire non…
tu me fais tes beaux yeux et…
à chaque fois, je suis incapable de résister,
l’envie est trop forte.

Justement. J’en ai assez de ces crises émotives.
J’en ai assez de ne pas pouvoir vivre sans toi,
de ne pouvoir résister à ton charme enjôleur.
Si je continue à te donner mon amour, je vais me
détruire, je vais détruire ma santé physique, mentale, émotionnelle.
Je me vois déjà devenir ton esclave,
comme toutes tes autres amantes.
Ah…je sais que tu vas tout faire pour me tenter.
De toute façon tu l’as toujours fait !
Depuis ma plus tendre enfance, tu te faisais
éclatant, coloré, tu revêtais tes plus beaux atours pour me charmer.

Mais c’est décidé.
Je ne resterai pas hypocondriaque sans le savoir
comme tant d’autres âmes américaines et terriennes, traitées de
maniaco-dépressives, névrosées, anxieuses, irritables, insomniaques…

Ah! Mon cher amant secret comme c’est douloureux les départs.
Mais je te laisse. J’ai décidé de guérir. Voilà.

Adieu, Sucre.

Sarah Maria

 

PS: Dans un écovillage, est-ce que le sucre est considéré comme une drogue ?
Pensons-y… Il crée pourtant une dépendance aussi forte que celle de l’héroïne…

 

Référence:

Le mal du sucre, Danielle Starenkyj, Éditions Orion

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