Un pour tous, tous pour l’Un

par Frère Ours

Un pour tous, tous pour l’Un: Encontro Nacionale de  las comunidades del Arco-Iris (E.N.C.A.)

La communauté… Ce concept de vie sociale que nous, le collectif de l’Aube, tentons éperdument, un peu, beaucoup, à la folie, de propager. De sensibiliser la population québécoise pour qu’elle voie en cette ancestrale structure humaine, une solution majeure vers une société saine et en santé.

Rien n’est nouveau. Tous les peuples de la terre vivaient en communauté avant la venue des grandes cités pollueuses, gangrène de planète. Pour moi, ça saute aux yeux, la communauté écologique intentionelle est l’avenir, si nous voulons vraiment arrêter la titanesque roue de l’industralisation. J’ai vécu en communauté pendant 4 ans, où j’ai appris énormément (jardins, animaux domestiques, vie communautaire, etc…).

Et le plus important, je me suis ressourcé dans la nature, et ai assaini mes habitudes de vie. Cepandant, le Québec traîne un peu de la patte. Les communautés québecoises se comptent sur le bout des doigts. Pourtant, en Europe, aux États-Unis, les communautés fleurissent à merveille depuis quelques décennies. Il serait grand temps de rattraper le temps perdu.

J’ai pris connaissance, à ma grande surprise, d’un grand pays, qui, sur le plan communautaire, est un pionnier et un exemple pour le monde. Je veux parler du Brésil. On y retrouve un nombre impressionnant de communautés intentionelles.  Du bord de la mer à l’Amazonie, des gens se rassemblent pour vivre de la terre, se nourrissant des fruits de leur labeur. Élevant leurs enfants loin des brouhahas chaotiques des grandes villles ( qui, au Brésil, sont affligées de violence et de crimes à grande échelle).  Permaculture, spiritualité, éducation alternative, on y trouve de tout.

E.N.C.A.
En 1978, certaines personnes de plusieurs communautés intentionelles se sont rencontrées spontanément pour faire un grand rassemblement, une célébration de cette réalité qui les unit. Ce fut le premier rendez-vous E.N.C.A. (Encontro Nacionale de las comunidades Alternativas). Et depuis, des membres de 30 à 40 communautés permanentes, ainsi que de nombreux individus périphériques, se rassemblent à chaque année depuis 28 ans pour célébrer leur grande famille.

D’ailleurs, au moment où je vous parle, ils sont probablement en pleine festivité de leur 28ième rassemblement E.N.C.A.. C’est toujours en juillet qu’ils se réunissent car c’est la saisons sèche, et les vacances scolaires des enfants. Ils y chantent, dansent, et prient pour la terre et la paix. Ils font également quelques petits rassemblements plus intimes, tout au long de l’année.

Ça ressemble beaucoup au rassemblement arc-en-ciel. C’est d’ailleurs dans un désir d’unité et de solidarité, qu’ils ont changé de nom en 2001, en remplacant le “alternativas” par “Arco-Iris” qui signifie arc-en-ciel en portuguais et espagnol.  Bien qu’il y ait énormément de similarité avec la famille arc-en-ciel, une différence démarque considérablement les deux mouvements, la PERMANENCE!

Planter ses racines
J’ai été séduit immédiatement lorsque j’ai appris de quelle façon l’E.N.C.A. fonctionnait. Et depuis, je suis résolu à divulger ce sage savoir, à quiconque voudrait bien l’entendre, tout spécialement à ma famille arc-en-ciel, qui aurait besoin,  à mon avis, de redéfinir leur mission.

Chaque année, le rassemblement E.N.C.A. a lieu sur l’emplacement d’une jeune communauté ou d’une communauté naissante. En moyenne, entre 600 et mille personnes se réunissent (le record de présence est de 3000 personnes) en camping, sur la terre d’accueil. Mais ils n’arrivent pas les mains vides. Chaque communauté apporte des victuailles à profusion, provenant généralement de leur jardin. Ils apportent également des outils et du matériel pour le bon fonctionnement du rassemblement.

Des ateliers de construction, de jardinage, de bricolage (etc.) agrémentent la semaine de l’événement. La beauté, dans tout ça, c’est qu’à la fin du rassemblement, toute la nourriture, le matériel, et les structures construites lors de l’événement restent en permanence à la nouvelles communauté! Quel coup de pouce monumental!

Cette année, ils se rencontrent pour la deuxième fois consécutive à la communauté Rondonia, de l’amazone. Ils ont eu la grande générosité de retourner là-bas, car les conditions amazoniennes sont assez difficiles. Ils donnent donc une aide supplémentaire afin que la communauté qui vient de voir le jour, puisse grandir en pleine forme.

Il existe une autre coutume charmante des rassemblements E.N.C.A.: l’échange de semences biologiques. À chaque rencontre anuelle, les communautés apportent leurs graines pour échanger avec les autres. L’année dernière, toute la farine de maïs qui approvisionnait le rassemblement  provenait de grains échangés à un mexicain, qu’ils ont plantés lors d’une cérémonie, l’année précédente. Une façon brillante d’enrichir le patrimoine génétique de nos jardins!

L’union fait la force
Dans la société d’aujourd’hui, où l’égo, comme un petit enfant gâté,  n’a plus beaucoup de tolérance et de patience pour ce qui n’est pas conforme à ses attentes,  il  est difficile de vivre la communauté. Chacun(une) tire la couverte sur son coté, et  passe  beaucoup de temps à se regarder le nombril. Mais si on fait  moindrement l’effort de laisser de coté son orgueil et ses attaches sur le monde  matérialiste et individualiste, on réalise rapidement qu’il y a beaucoup d’avantages à s’unir ensemble sur  une terre et de former une communauté intentionelle (écologique, agricole, spirituelle, ou autre). Il  faut, bien entendu, s’oublier un peu pour approfondir l’esprit communautaire,  mais les bénéfices sont précieux.

Pour commencer,  l’achat d’une terre peut être un lourd fardeau si nous sommes seul. En groupe, c’est beaucoup plus facile. Avec les outils, le matériel d’entretien et tout le tralala, c’est la même chose; en mettant en commun, on épargne un max! Le partage des tâches et des travaux communautaires,  permet une plus grande productivité (s’il n’y a pas trop de fainéants(antes)), et également plus de temps libre. Par exemple, avec les jardins, si nous sommes une vingtaine à travailler ensemble, la grandeur cultivée peut être beaucoup plus grande. Personnellement, j’ai la croyance qu’ensemble,  1+1 n’égale pas 2, mais bien 3. La force d’un groupe est supérieure à la somme des individus qui le constitue. Les  forces des uns compensent pour les faiblesses des autres.

Ensuite, élever des enfants dans un milieu communautaire, en  nature, est  très préférable,  à mon avis,  à la  façon proposée par la société  moderne. Ils seront beaucoup mieux, à grandir entourés de ceux qu’ils aiment avec d’autres enfants qui ont reçu une éducation semblable à la leur. Près de la terre et des autres éléments, ils s’épanouiront plus harmonieusement dans un environnement paisible et naturel. Pour les parents, c’est encore beaucoup moins de stress. Voir leurs enfants entourés de plusieurs adultes qui aident à l’enseignement et l’encadrement,  leur permettant  plus de loisirs. Déjà,  dans les sociétés amérindiennes, tous les adultes d’un clan, avaient la responsabilité de voir au bonheur et à la sécurité des jeunes. Ils faisaient tous partie de la grande famille élargie.

La vie en communauté permet une éducaton personalisée et adaptée aux besoins de chacun(une);   l’école à la maison,  convient beaucoup mieux que l’école traditionelle, enfermé entre 4 murs toute la journée. Ils pourront se familiariser avec les vraies choses importantes de la vie. Quand on pense que plusieurs enfants des villes croient que les oeufs viennent du super-marché, et quand on demande à des enfants américains de dessiner un poisson, et qu’ils dessinent un bâtonnet de  poisson surgelé,  il  y a de quoi  s’alarmer! Il est cependant très important qu’il y ait un nombre suffisant d’enfants dans la communauté pour assurer un contact social adéquat.  Pour  ma part,  je crois que c’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire aux  tout petits,  une vie dans la campagne, entourés d’autres enfants, de chèvres, de poules et de lapins.

S.O.S. Gaïa
Et finalement, en plus de tous ces avantages, la vie communautaire dans la nature est une solution immédiate, pour aider la Terre Mère. C’est une action concrète, qui a une grande influence sur notre impact environnemental. S’éloigner des grands centres urbains, diminuer notre consommation, viser l’auto-suffisance, sont tous des moyens très efficace  pour vraiment changer le monde! Je ne le redirai jamais assez, il est temps d’agir. C’est bien beau les belles paroles,  mais le temps presse.  L’E.N.C.A. nous donne un superbe exemple d’entraide communautaire. Une belle façon d’encourager et de faciliter la naissance de nouvelles communautés, il ne reste qu’à nous, de voir jusqu’où voulons-nous participer à cette révolution  tranquille, qui est,  sans nul doute,  une des  façons les plus seines et  harmonieuses d’évoluer sur terre. Je nous encourage fortement à nous diriger tous rapidement vers cette alternative rafraîchissante de santé. Combien de temps encore viverons-nous au dépend de la santé planétaire? Pensez-y bien!

Frère Ours

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