Changements climatiques – conséquences supposées et superposées

par Julie Francoeur

Qu’on ouvre la télé ou un journal, qu’on surfe sur Internet ou qu’on écoute la radio, on entend beaucoup parler des changements climatiques. D’après les statistiques, on a vécu au Québec l’hiver le plus chaud au moins depuis le début du XXe siècle. Depuis quelques années, la nature se déchaîne en tornades, tsunamis, sécheresses, verglas et autres débandades catastrophiques.

Mentionnons tout d’abord que ces changements climatiques sont en grande partie dus aux gaz à effet de serre (GES). On peut diviser ces GES en deux gaz nuisibles: le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4), qui ont dépassé les limites atteintes depuis plusieurs millénaires. Une grande partie de la communauté scientifique s’entend pour dire que la situation est inquiétante. Voilà pourquoi on propose aux gens de changer leurs habitudes de consommation, de réduire leur utilisation de la voiture, on se rallie à l’accord de Kyoto, etc. Mais les médias n’ont pas beaucoup parlé des conséquences véritables de ces changements du climat. Un peu, tout de même, me direz-vous… Oui, on a parlé du niveau de la mer qui a augmenté, de la disparition de certaines espèces, mais peut-on vraiment prévoir toutes les conséquences? Permettez-moi d’en douter. On croit encore (à tort?) que nous ne verrons pas les effets majeurs des changements climatiques, que cela se passera dans cinquante ou cent ans.

Compte tenu de la difficulté pour les scientifiques de prouver hors de tout doute possible la relation entre les gaz à effet de serre et les conséquences ci-haut et ci-bas mentionnées, les médias n’osent pas s’aventurer à faire circuler de simples suppositions. Certes, c’est compréhensible, mais si ces supposées suppositions étaient des vérités?

L’eau monte
La fonte des glaces dans l’Arctique est l’un des effets les plus flagrants du réchauffement planétaire. Le retrait de la banquise entraîne à lui seul une diminution des territoires pour le phoque, l’ours polaire et le morse et, conséquemment, il s’ensuit de moins bonnes chasses pour les Inuits qui s’en nourrissent, de même que pour les caribous qui ont de la difficulté à trouver leur nourriture à cause de la neige plus abondante. Dans cette région, ainsi que dans les zones subarctiques, le réchauffement du climat est de deux à trois fois plus rapide que pour l’ensemble de la planète. Réchauffement qui se traduit par un climat plus sec en été et en automne, et par plus de neige en hiver, la dégradation du pergélisol, le dépérissement des forêts et l’érosion des côtes. La liste est encore longue, mais cela donne déjà une bonne idée de la situation.

La hausse du niveau des mers est un autre phénomène que nous pouvons relier aux changements climatiques. Cependant, au lieu de se manifester en Arctique seulement, le niveau de l’eau monte partout. Voici ce qu’on peut lire sur le site de Greenpeace Canada à ce sujet: « Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), depuis le début du siècle dernier, le niveau d’augmentation de la mer serait passé de 15 à 50 cm et pourrait augmenter d’un autre 50 à 90 cm au cours des 100 prochaines années. Pour des pays étant déjà aux prises avec des problèmes criants quant à la protection de leurs espaces côtiers dû à la hausse du niveau de la mer, un autre 50 à 90 cm signifie, ni plus ni moins, la disparition de ces pays de la face de la planète. Pensons aux petits pays insulaires tels que les Îles Marshall, Fiji ou Tuvalu, mais également aux Pays-Bas ou aux États américains comme la Floride et la Louisiane, ou encore les Îles de la Madeleine ou l’Île du Prince Édouard au Canada. »

Cela pourrait toutefois rendre les gestionnaires du port de la ville de Churchill heureux. En effet, il semblerait, selon un article dans l’Actualité du mois d’avril 2006, que la hausse du niveau de la mer favoriserait l’entrée des paquebots par la Baie d’Hudson qui deviendra, dans une vingtaine d’années, navigable toute l’année. Pour le commerce, cela signifie beaucoup d’argent, mais pour l’environnement, on peut se questionner… En effet, selon cet article, d’ici 250 ans, les émissions des GES auront quadruplé et la température moyenne de la Terre aura augmenté de quatre degrés et demi à cinq degrés. Environnementalement parlant, le désastre sera global. Alors, un port de plus ou de moins…

La faune et la flore
La migration des hirondelles bicolores se ferait une douzaine de jours plus tôt qu’il y a 30 ans. Les manchots ont perdu un tiers de leur population en 25 ans. Au Costa Rica, 20 espèces de grenouilles et de crapauds ont disparu. Aux États-Unis, la marmotte a devancé la fin de son hibernation de 23 jours depuis 1980. Partout sur la planète, on remarque les effets de la sécheresse (assèchement de marais, incendies forestiers, pertes de récoltes). Aux États-Unis et en Amérique Centrale (dont le Mexique), les moustiques voyagent plus loin et plus longtemps et, de ce fait, transmettent plus de maladies. Les maladies infectieuses se propageant mieux à la chaleur, on pourrait observer le développement de maladies comme le choléra, la fièvre jaune, le virus du Nil ou la malaria.

L’humain
Les vagues de chaleur font de plus en plus de morts, partout sur la planète. Les inondations et les ouragans se font plus forts et plus fréquents, entraînant les victimes dans la mort, la maladie ou la pauvreté. Les conséquences du réchauffement planétaire sur l’évolution de l’humain sont parfois directes, parfois indirectes, mais plus personne ne peut affirmer que c’est mineur et que l’on ne verra pas la catastrophe de notre vivant, puisque cela a déjà commencé.

C’est là un portrait boueux de l’état de notre planète qui n’est plus si bleue… Doit-on se préparer au pire? Doit-on continuer comme avant, comme si nos enfants et petits-enfants pouvaient encore vivre heureux et en bonne santé? Ou doit-on commencer une guerre féroce à tout ce qui favorise la chute de l’environnement, à l’équilibre sacré de la nature, à Gaïa? Ou peut-être justement a-t-elle déjà choisi de se battre avec hargne, sortant les catastrophes de sa manche, l’une après l’autre, en se disant: « Voici pour vous, humains de malheur! Une tornade ici, une sécheresse là! Mourez, mourez donc, que je respire enfin. »

Références:

Greenpeace Canada: www.greenpeace.ca

L’Actualité numéros du 1er et du 15 avril 2006

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