Chronique des métiers d’avenir: Revalorisateur de matière!

par Frère Ours

Nous savons tous que nous produisons des tonnes et des tonnes de déchets et d’immondices qui s’entassent parfois sous terre, parfois en surface comme des montagnes de vidanges aux sommets vert de gris éternel. Mais toute cette matière était à l’origine des ressources naturelles (bois, minéraux, pétrole, végétaux, etc.). Nous pouvons nous débarrasser impunément de tous ces cossins et bidules-machins-trucs, mais cela implique de continuer d’exploiter les ressources de la Terre, qui mérite un peu de répit en ces temps de grands tourments. Il faut stopper cette course infernale de surconsommation.

Nous allons devoir trouver des solutions et nous adapter aux nouvelles exigences d’une société responsable. De vieux métiers devront s’oublier pour laisser place à de nouvelles vocations, des écoprofessions qui nous aideront à passer l’éponge sur les erreurs de nos ancêtres, pour passer à une nouvelle ère biodégradable.

Déjà, les friperies et ressourceries font partie intégrante de nos quartiers et villages, mais ce n’est pas encore à la hauteur du problème à surmonter. Imaginons une société qui ne jette rien, sinon quasiment rien! Plus d’incinérateur, plus de dépotoir, mais des escadrons de revalorisateurs de matière qui parcourent le monde afin de faire revivre nos objets lâchement abandonnés.

Revalorisateur de matière
Un peu comme un restaurateur d’œuvres d’art, le restaurateur ou revalorisateur de matière devra redonner vie aux objets hétéroclites que nous avons envoyés au reconditionnement. Cependant, il n’est pas nécessaire que l’objet revalorisé redevienne exactement ce qu’il était. Ainsi, un réfrigérateur peut devenir une bibliothèque, une vieille télé un aquarium et un séchoir à cheveux une lampe postmoderne.

Ces artistes devront développer une imagination bien aiguisée, ainsi que plusieurs aptitudes propres à leur emploi. Des notions de menuiserie, d’électricité, d’électronique, des connaissances en arts plastiques pour refaire une beauté aux choses usées. Ces revalorisateurs, il en existe déjà, certain(e)s en amateur(trice)s, d’autres qui en tirent des revenus. Chose certaine, ce n’est pas le boulot qui manque dans ce domaine! Tout récemment, j’ai lu dans les petites annonces au sujet d’un programme municipal qui offrira bientôt (si ce n’est pas déjà fait) de la formation pour revaloriser la matière usagée. Projet, parrainé par les écoquartiers, qui pourra bien être le début d’une profession fort noble apte à freiner un peu les effets de la surconsommation. Si en Afrique on est capable de se construire des toits de maison avec de vieilles canettes de boisson gazeuse, imaginez les miracles que l’on pourra réaliser avec les multiples petits trésors que l’on trouve dans nos ruelles, particulièrement durant la période des déménagements. Les vidanges des uns sont les trésors des autres!

En attendant ces sauveurs de bidules, je vous encourage encore une fois à commencer à vous entraîner à revaloriser la matière et, qui sait, vous deviendrez peut-être un jour une imminence en la matière. Escadron: action, revalorisons!!!

Site du patenteux Florent Veilleux: http://www.arcajeux.ca/VEILLEUX/body_veilleux.html

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