Une mer de béton dans un océan de bitume, ou…

par Philippe Laramée

… un écovillage, c’est une bien bonne idée. Mais qu’arriverait-il si tous fuyaient les villes pour aller vivre à la campagne ?

Depuis que je vis au Mont Radar (huit mois déjà) au gré des saisons, situé à 698 mètres d’altitude, je regarde mes quatre dernières années de vie à Montréal à bâtir Aube et à rêver la vie que je mène actuellement…

En plein cœur de la saison que je préfère (l’hiver), ma maison ensevelie sous plusieurs pieds de neige (oui, nous avons encore de la neige à la Montagne !!), c’est assez ironique dans ma situation de coordonner un numéro thématique sur les écocités.

Tenter de se remettre dans un contexte urbain n’est pas très difficile, car la Montagne est située à seulement 40 minutes au sud de Québec. De plus, avec notre Ambassade située en plein cœur du centre-ville (au 205, St-Vallier E.), il est très aisé de se tenir connectés à la vie culturelle, artistique et intellectuelle que peut nous procurer la vie urbaine.

Tenter d’apporter un peu de ville à la campagne et de la campagne en ville, voilà notre défi en tant que futurs écovillageois (que nous soyons néo-ruraux ou post-urbains… hihihi).

C’est assis confortablement au Café Temporel, petit café légendaire du Vieux-Québec, dans une des plus vieilles villes d’Amérique, que j’entame cet édito du numéro d’hiver 2006.

Avec un certain recul par rapport à la vie trépidante et mouvementée de Babylone, j’entends l’écho lointain de cette fanfare de klaxons que la majorité d’entre nous avons appris à endurer chaque jour. À ne plus vivre la solitude parmi la foule, à ne plus être poussé à un niveau de stress important au quotidien, je me demande comment faire pour amener les grandes cités à se métamorphoser afin de les rendre plus humaines, plus agréables ? En effet, qu’on le veuille ou non, les villes sont là pour rester.

J’analyse les fondations de béton des anciens bâtiments militaires de notre nouvelle terre d’accueil, que nous nous apprêtons à revaloriser aujourd’hui, et je me dis que l’humanité à choisi de laisser un bien drôle d’héritage aux générations futures… À quand un futur centre d’interprétation du béton au Mont Radar ?

La culture, les arts, la créativité, les réseaux de contacts, l’amitié, la famille, la vie communautaire, la connaissance, les festivités… comment faire pour apporter tous ces éléments à la campagne ?

La verdure, les cultures, la terre, les étoiles, la forêt, les valeurs d’autrefois… comment faire pour amener ces éléments en ville ?

Je regarde les flocons danser par la fenêtre des rues étroites de la vielle capitale de Nouvelle-France en pensant aux futures écovilles. Dans cet écovillage global, le rêve réalisable est de rencontrer et d’échanger avec les ambassadeurs et les résidants des écovillages mondiaux pour partager nos expériences.

Année 2006 riche en réalisations ?!

A propos Philippe Laramée

Éditeur de Aube

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