Économie sociale: L’antichambre secrète du capitalisme québécois

par LeelaSheel

Depuis le début du commencement du projet écovillage, nous apprenons à jouer certaines cartes clés dans la réalisation d’un écovillage: le jardinier, la constructrice, le parent, la magicienne, le gestionnaire, la cuisinière, l’humain, l’administratrice, le visionnaire, l’artiste, la chamane, le guérisseur… Ce mois-ci, j’ai découvert une nouvelle carte dans mon jeu, celle de l’entrepreneur éco-social.

L’entrepreneur éco-social se réfère à l’économie sociale, c’est-à-dire une forme d’entreprise où le profit n’est pas seulement économique, mais aussi social. Les formes légales représentant le mieux l’économie sociale sont les coopératives et les OBNL (Organismeà but non-lucratif). Ce sont les institutions « socialistes » d’un monde capitaliste.

L’émergence de l’économie sociale au Québec, il y a environ un siècle et demi, s’est fait parallèlement à la naissance du peuple québécois. Il faut savoir qu’auparavant, les canadiens-français étaient seulement la main d’oeuvre bon marché des riches anglo- businessmen. Ceux-ci détenaient la majorité (sinon la totalité) du pouvoir économique, leur accordant un contrôle tentaculaire sur la population canadienne. De l’oppression jaillit le souffle de la liberté entraînant la création des premières entreprises d’économie sociale. Celles-ci avaient pour but d’adoucir les abus du capitalisme et de combler les besoins délaissés par l’économie marchande.

Tout d’abord les sociétés d’entraide et les mutuelles d’assurances qui aident les ouvriers (XIXe siècle), puis les coopératives agricoles ainsi que la caisse d’économie populaire (début XXe siècle). Ensuite c’est le clergé catholique, puissance majoritairement francophone, qui supporta le peuple dans le démarrage d’entreprises sociales. Durant cette période, on assiste à la naissance de coopératives de consommateurs et d’habitation, coopératives scolaires, d’hydroélectricité, de la pêche et de la forêt (milieu XXe siècle). Toutes ces entreprises avaient pour but premier le service donné à leurs membres, qu’ils soient leurs employés ou leurs clients, ainsi que l’autonomie économique de l’entreprise, profitant à ses membres et dirigée par eux.

C’est à partir des années 60 que le mouvement communautaire est entré dans la ronde. Des regroupements de citoyens réclament la création et la gestion de centres communautaires, cliniques communautaires et cliniques juridiques. Un peu plus tard en milieu rural, on observe de semblables mobilisations pour contrer la fermeture de certains villages du bas du fleuve et d’ailleurs. Le mouvement social fleurit ensuite de nouveau dans les services de garde, les groupes d’éducation populaire et d’alphabétisation. Plus tard, à partir des années 80, on voit apparaître des coopératives de travailleurs et de travailleurs actionnaires, des groupes de soutient pour l’insertion au travail, des centres de développement économique communautaire, des cercles d’emprunts et fonds locaux et régionaux d’investissement. Tous les acteurs nécessaires se sont mis en place pour faciliter l’émergence de la nouvelle économie sociale québécoise, celle-ci étant tissée à partir d’un maillage serré de contacts du milieu économique-communautaire.

Depuis lors, une définition claire de l’économie sociale a été portée et reconnue au niveau gouvernemental, laissant une grande ouverture à la co-création de nouvelles entités d’économie sociale répondant aux besoins émergents de la population, en terme d’écologie forestière et humaine, pour une qualité de vie dans la simplicité.

C’est à nous qu’a été lancé le défi d’entreprendre la manifestation du maillon suivant de l’historique économique québécoise. À partir d’une vision holistique de notre univers, ces entités légales naîtront, comblant le besoin éco-communautaire tribal d’une société sainement émergente.

Référence:
www.sdr.gouv.qc.ca

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