Écotruc: Les couches en coton

par Julie Francoeur

“Maman, quel genre de couches ai-je porté quand j’étais bébé?”

“Mais des couches de coton, mon enfant… en flanelle, que ta grand-mère confectionnait pour toi!”

Nos ancêtres, grands-mères et mères, dans leur souci de bien protéger les fesses douces et dodues de leurs bébés, avaient recours aux couches de flanelle, de coton et autres tissus doux et absorbants.  Elles n’avaient pas le choix, me direz-vous!

Eh! Bien soit!  Je vous l’accorde, mais elles n’avaient, pour la plupart, pas de laveuse électrique non plus, vous répondrai-je.

Dans la société occidentale actuelle, les couches jetables représentent une problématique environnementale importante.  Une maman jetera environ 5000 couches ayant été utilisées une seule fois, avant que bébé ne puisse aller sur la toilette, comme les grands.  Si l’on considère qu’une couche de coton peut être utilisée entre 325 et 500 fois, l’économie est notable.  Autant pour l’environnement, que pour le porte-monnaie. Si l’on achète environ 50 couches (ce qui est utilisé pour une semaine environ)  à 12$ la couche, se partir un trousseau de départ peut coûter entre 600 et 700$ (cela coûte entre 2000 et 3500$ par bébé en couches jetables)…

Vous avez certainement entendu dire que les couches de papier ne se biodégradent pas (je vous laisse imaginer un dépotoir, rempli de couches qui s’empilent sans cesse les unes sur les autres, sans jamais, jamais, jamais se décomposer… Heurk!).  De plus, pour fabriquer ces couches, on sacrifie des millions d’arbres, poumons de notre terre, on extrait des tonnes de pétrole, on utilise du chlore pour blanchir… ce qui, pour les fesses douces de bébé, est paradoxal!

Il semblerait également, que les bébés habitués aux couches de coton deviendraient propres plus rapidement  et plus facilement. Les couches de jetables étant excessivement absorbantes, bébé ne sent pas l’inconfort d’être dans une couche mouillée. Par contre, l’enfant qui en a assez de devoir pleurer, gémir et crier pour se faire changer, deviendrait autonome plus vite.

Dans le commerce des couches de coton, plusieurs compagnies offrent divers services.  De la simple vente, au service de nettoyage avec livraison à domicile, le choix vous est donné.  On m’a dit aussi, qu’il fallait magasiner et parler avec d’autres mamans, la qualité étant différente selon le type de coton utilisé et la façon dont elles sont fabriquées.  Mais en cherchant bien, on réussit à trouver de bonnes adresses (je vous en donne quelques-unes à la fin de cet article).

Une amie m’a fait découvrir les Couches Loulou. Julie, la propriétaire, offre d’aller chercher vos couches souillées à la maison et de vous en rapporter des propres en échange.  Le principe est simple: la location de 50 couches (quantité approximative pour une semaine) coûte 20$. Ce qui revient à peu près, sinon au même prix que pour les couches de jetables. Tout ce que la maman a à faire, c’est enlever les selles solides et mettre la couche dans un contenant hermétique jusqu’à la livraison des couches propres. Julie fait affaire avec un service de buanderie du milieu hospitalier, donc les bébés sont certains d’avoir de belles couches propres et bien désinfectées.

Si vous décidez de laver vous-mêmes vos couches, vous pouvez choisir entre plusieurs techniques différentes. Ma mère rinçait les couches dans la toilette (hiver comme été) et les laissait tremper dans de l’eau avec un peu d’eau de javel en attendant que ce soit le temps d’une bonne brassée.  Si vous ne voulez pas utiliser l’eau de javel, je vous suggère le borax (minéral naturel fait d’eau, d’oxygène, de sodium et de bore. C’est une poudre antiseptique, antibiotique, désodorisante et désinfectante… Inodore, mais toxique si ingérée.)

Vous pouvez aussi enlever le plus gros des selles et laisser les couches sécher dans un contenant hermétique avec une pastille désodorisante jusqu’au prochain lavage. Là, c’est à votre convenance: lavage quotidien ou hebdomadaire…

Renseignez-vous.  Demandez conseil à votre mère, votre belle-mère, vos amies.  Elles vous diront comment elles faisaient ou comment elles font.  Il y a de plus en plus de parents qui optent pour des couches de coton, c’est donc que ce n’est pas si compliqué que ça en a l’air.

C’est sûr que ça demande un peu plus de travail, de volonté, de temps, mais l’effort est toujours plus demandant que la paresse ou le laisser-aller. Mais dites-vous qu’avec de l’organisation, tout est possible.  Et que si la santé des fesses de bébé a si grande valeur, peut-être que la planète sur laquelle il grandira, est-elle tout aussi importante…

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