Éditorial: Premiere Neige

par PhilippeLaramée

« Vent du Nord, apportant l’hiver et la nuit
Aurore Boréale, voile de lueurs, pulsation du soleil disparu
Première Neige… je t’accueille »

Emmitouflé sous trois couches de couvertures, au reflet des flammes mourantes, je pantoufle dans le frisquet matin qui s’étire tardivement. Les bourasques de vent fouettent les arbres, mais ma cabane est protégée par ceux-ci. Je sens les crêpes et le bon café, c’est la saison des câlins.

Mes chiens hurlent, ils ont hâte de courir. Mais je préfère pantoufler. J’entends fredonner une ritournelle disparue puis, un sifflement endiablé sous les tasses qui s’entrechoquent. L’odeur des crêpes se fait persistante…

Je m’étire sous l’édredon, je repense à l’aurore dansante à ma fenêtre. Bleu métalique, vert de jadis, voile surnaturel de lumière irréelle, dansante, frémissante, inspiration de mes écrits.

Gribouille, ma chatonne, de son plumeau vient me chatouiller le bout du nez. Décidément, la nuit est bel et bien finie. Premier rayon du matin traverse les arbres et illumine mon antre.

Le hurlement des chiens se fait plus insistant, ma chatonne miaule tandis que l’odeur me taquine la panse. D’accord, d’accord, je me lève.

De toute ma volonté je sors un premier doigt puis un deuxième, le pire est fait. Je sais que mes combines sont voisines de ma couche. Je cherche à tâton celles-ci, les aggripe. Sous mes couvertures commence une lutte pour m’habiller.

Enroulé, éperdu, je ne sais plus où est la sortie. Bon, si je suis entré par ici, la sortie doit être par là!

Sans m’en rendre compte, je suis debout, ma paire de combines à moitié boutonnée. Où ai-je mis mes mocassins? Je ramasse quelques pièces de vêtements éparses qui traînent dans ma cabane bio-climatique vite réchauffée par les chauds rayons du solaire passif.

Tout en m’habillant, j’entends les enfants réveillés jouer en attendant le petit déjeuner. Les chiens ont cessé de hurler, trop occupés à manger ce que le petit premier leur a apporté. Un regard par la fenêtre, le ciel est bleu de l’hiver. Super ! Le froid doit être mordant.

Mais où est ma chemise de chasse? Ah oui, juste ici, là où je l’avais laissée. Je m’étire. Je sens ma cabane faire de même sous la rafale de vent. J’ouvre la porte de mon antre, tout le monde me sourit… Tu es de bonne heure papa… (Je suis noctambule que voulez-vous!) L’hiver est ma saison de création.

En ce jour de solstice, j’embrasse mes enfants et leur raconte l’histoire que je leur ai écrite, la nuit durant…

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A propos Philippe Laramée

Éditeur de Aube

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