Éditorial: En attendant le deluge…

par Philippe Laramee

Alors qu’un bon nombre de scientifiques nous prédisent la fin de l’espèce humaine; les églises, les sectes et les religions, la fin des temps; les environnementalistes, un désastre écologique éminent, Aube a décidé de se pencher sur la question de façon positive et constructive. Certes, nous vivons une époque dangereuse… très dangereuse! Les apprentis-sorciers inventent des technologies qui dépassent l’entendement; les alchimistes de la biotechnologie nous imposent leur vision d’avenir contrôlée par l’industrie, les barons de la forêt semblent se bousculer pour vider nos forêts, évitant ainsi la remise en question de leur modèle environnemental désuet, sans parler des publicistes qui tapissent le ciel d’affiches pour nous motiver malgré nous à consommer… Une question que l’on nous a souvent posée est: Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?!

Les fins du monde à travers les temps
De tout temps, les différents cycles de civilisation ont tour à tour prophétisé la fin des temps et ce, de différentes façons selon le contexte. Que ce soit à l’an 1000 avec la comète de Haley ou le récit du déluge biblique, lui-même inspiré de l’épopée de Gilgamesh, la pulsion de vie et de mort semble souffler inexorablement sur l’humanité en quête de sens à son existence. C’est à se demander comment cette fin d’un temps va arriver cette fois-ci…

Nul si découvert
J’ai donc décidé d’interroger plusieurs  personnes dans la rue pour leur demander comment ils entrevoyaient la fin du monde… Certains m’ont répondu, un peu intimidés ou de manière plutôt vague, d’autres semblaient emprunter différentes idées issues de la science-fiction. Parmi les réponses les plus populaires: cataclysme météorologique, impact d’astéroïde, armes de destruction massive, virus bactériologique, invasion extraterrestre. Alors que d’autres pensaient que la transition serait une longue et lente agonie…

La science-fiction, source d’inspiration ?
Bon nombre de romans, de films, voire de jeux de rôle nous laissent entrevoir des scénarios possibles sur l’avenir de nos sociétés. Prenons par exemple les films ayant été à l’affiche en 2004: “Le Jour d’Après”, un film États-Uniens qui nous transporte en pleine apocalypse météorologique; le film Britannique “28 jours plus tard”, qui simule la perte de contrôle d’un virus extrêmement virulent; le film “Terminator 3”, qui nous fait vivre l’enfer d’un futur où l’humanité est en guerre perpétuelle contre les machines… en passant bien entendu par La Matrice où l’ennemi est cette fois-ci, de nature informatique.

Tous ces films sont destinés, au premier degré, à nous divertir, mais si on pousse un peu plus loin notre réflexion, ils nous font tout de même voyager dans des univers plausibles, (philosophiquement parlant). Le spectateur, un peu décontenancé, peut s’interroger sur les issues possibles de notre ère de dépassement des limites. Mais que sera donc cette limite ?

La masse critique
Nous assistons parallèlement à un réveil (papa, grand-maman, oncle, voisin, cousin)… nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre que socialement, quelque chose ne tourne pas rond. Les postes clés sont tranquillement remplacés par des personnes ayant de nouvelles façons de voir les choses, de faire évoluer les sociétés aux niveaux économique, politique et social… de l’espoir pour un avenir meilleur ? Il se trouve que malgré nos choix quotidiens, qu’ils soient éthiques et/ou écologiques, la dégradation de l’environnement par notre seule présence semble irréversible. Il faut se rappeler qu’au début du siècle (en 1900) nous étions à peine 1 milliard d’êtres humains, en 1960, 3 milliards et maintenant, nous frôlons les 7 milliards (si ce n’est déja fait). Certains spécialistes affirment que la terre pourrait supporter jusqu’à 50 milliards d’êtres humains(?!) (… j’imagine qu’ils ne parlaient pas d’occidentaux moyens…).

Le post-apocalyptique positif
L’humanité s’est toujours adaptée. À chaque chute de civilisation, à chaque désastre écologique, à chaque épidémie, elle s’est toujours relevée et a déployé son intelligence et son imagination pour trouver des solutions novatrices. Mais pourquoi sans cesse recommencer les mêmes erreurs ? L’humain ne vit-il pas assez longtemps pour se rappeler les catastrophes passées et tirer les leçons qui s’imposent?

Le siècle de la réhabilitation de la planète
L’O.N.U. a le désir de nommer le prochain siècle, “le siècle de la réhabilitation de la planète”. L’idée est bonne. Vous tous de votre côté, pouvez influencer positivement le cours des événements. Beaucoup de gens sont maintenant prêts à entendre parler de solutions, de développement durable ou d’alternatives aux modèles fortement suggérés. Notre rôle est de proposer des solutions et non de les imposer.

Tout au long de ce numéro thématique, vous serez guidés vers des éléments de réponse, vous lirez des textes, qui peut-être vous pousseront à l’action. Aube est comme toujours une source d’action et de réflexion. Qui que vous soyez, où que vous habitiez, vous aurez toujours le choix de poser des gestes ou de faire des actions pour le bien de l’humanité ou pour repousser l’ultime jour… Lorsque le grand moment arrivera (si grand moment il y a), j’espère que vous aurez su préparer à temps votre petit canot de sauvetage écovillageois!

Où serez-vous le jour d’après ?

A propos Philippe Laramée

Éditeur de Aube

Les commentaires sont clos.