Femme fontaine, vous connaissez ?

par Dsana

Vous en avez probablement entendu parler, peut-être vaguement, ou pas du tout ? Encore tabou aujourd’hui, bon nombre de femmes n’en ont jamais eu, certaines en sont gênées parce qu’elles croient avoir uriné, tandis que d’autres la recherchent pour les sensations d’orgasmes extraordinaires qu’elle apporte. Qu’à cela ne tienne, ouvrons la porte sur ce phénomène mal connu de la femme. Bien que je ne puisse vous résumer un livre de 250 pages en quelques paragraphes, vous en aurez toutefois une bonne idée après avoir lu cet article.

La plupart des femmes qui connaissent cette merveille pensent que cela n’est destiné qu’à une élite ! C’est ce que je pensais moi aussi, avant de rencontrer LE partenaire qui m’a prouvé hors de tout doute le contraire.

« Femme fontaine » est un terme utilisé pour l’éjaculation féminine ! Jusqu’à récemment, on croyait, à tort, que seuls les hommes étaient capables d’évacuer un liquide (sperme) lors de l’orgasme, mais voilà que nous aussi, les femmes, pouvons jouir et faire jaillir une liqueur aromatique (autre que la cyprine) de nos entrailles.

L’éjaculation féminine est un phénomène amusant et sensuel que l’on soit seule ou à deux puisque la sensation qu’elle procure érotise les relations sexuelles et émancipe l’orgasme à une amplitude exponentielle. Elle soulage les tensions physiques, d’où vient probablement l’expression « monter au 7e ciel », mais aussi les tensions émotionnelles, ce qui vaut certainement mieux qu’une consultation chez le psychologue.

Toutefois, pour y avoir accès, encore faut-il se pencher sur un aspect essentiel qu’est l’anatomie féminine.

Tout d’abord, sachez que toutes les femmes naissent avec la capacité corporelle d’éjaculer. Oui, oui !!! Les organes génitaux de la femme renferment un très vaste réseau de tissus érectiles. Le gland du clitoris en est seulement la pointe de l’iceberg ! Lorsque la femme est stimulée sexuellement, ce tissu spongieux grossit et se remplit de sang. En outre, se trouvent dans l’urètre deux glandes nommées glandes de Skene, aujourd’hui appelées prostate féminine, qui émettent un liquide prostatique, l’éjaculat. Comme chez l’homme, la prostate de la femme possède des glandes au fonctionnement similaire, elle est par contre beaucoup plus petite, de forme allongée et logée dans la paroi de l’urètre.

Généralement, la prostate féminine est située juste à côté du méat urinaire et renferme dans sa composition, une quarantaine de glandes et de canaux, soit trois fois plus que chez l’homme. La prostate de la femme sera stimulée de l’intérieur du vagin par le fameux point G situé vers le pubis entre le col de l’utérus et l’os pubien.

Lorsque l’éjaculat est expulsé de la prostate dans le canal de l’urètre, deux solutions sont envisageables, soit de se laisser aller et ainsi évacuer le liquide du corps par le méat urinaire (éjaculation visible), soit le faire remonter dans la vessie (éjaculation rétrograde).

Pour vous rassurer sur le fait d’avoir peur d’uriner en faisant l’amour, souvenez-vous que chez les hommes, c’est aussi par le même canal que l’urine et le sperme sont expulsés et que lors d’un orgasme, la crainte d’uriner n’existe pas puisque l’homme sait depuis la nuit des temps que ces deux événements sont complètement dissociés.

Afin de distinguer les deux fluides, sachez que l’urine contient toutes les toxines du corps, qu’elle est produite par les reins et qu’elle s’accumule dans la vessie, tandis que l’éjaculat féminin est dépourvu de toxines et est généré par la prostate. La quantité de liquide émise lors d’une éjaculation peut varier de 25 à 200 ml, mais une femme peut facilement éjaculer jusqu’à 300 ml lors d’un même rapport sexuel (habituellement, la stimulation prolongée est requise pour amener à plusieurs éjaculations).

Comme nous commençons à peine à entendre parler d’éjaculation féminine, nous devons « apprendre » à nous faire confiance et à nous apprivoiser. Vous pouvez la pratiquer seule pour commencer, mais si vous êtes pleinement en confiance dans votre couple, cette exploration à deux vous rapprochera davantage de l’être aimé.

Plus vous serez détendue, plus vous aurez de chance d’éjaculer. Ce n’est pas une course contre la montre, mais plutôt un plateau supérieur que vous pouvez atteindre en toute simplicité. Ce n’est pas non plus une nécessité à une vie sexuelle épanouissante. Certaines n’éjaculeront jamais et seront très satisfaites de leur vie sexuelle.

Parlez-en d’abord avec votre partenaire et je vous suggère fortement de vous documenter davantage. Lorsque viendra le moment opportun, vous pourrez explorer cet aspect de la sexualité dans votre lit en prenant soin d’avoir quelques serviettes à porter de main afin de ne pas inonder votre matelas. Vous pourriez préférer vous installer directement sur le sol ou dans la baignoire, bien que ces endroits soient un peu moins confortables, mais c’est à votre discrétion.

À mon avis, les préliminaires sont d’autant plus importants pour atteindre l’éjaculation, puisqu’ils permettent de s’attarder sensuellement à la région pelvienne, ce qui prépare attentivement cette zone, une des plus érogènes de notre corps. Chères dames, laissez vous emporter par des caresses qui vous mèneront, sans nul doute, à plusieurs éjaculations, si vous le désirez.

Un peu de technique

Tout en stimulant la région du clitoris à l’extérieur, insérez un, deux ou trois doigts, ou invitez votre partenaire à le faire, à l’intérieur du vagin. Visez le haut, ou si vous préférez placer vos doigts en direction du pubis, comme si vous vouliez le toucher de l’intérieur. Entre le col de l’utérus et l’os pubien, se trouve un espace spongieux (le point G) plus ou moins protubérant qui se gonflera sous l’effet du va-et-vient ou des petits cercles plus ou moins rapides de vos doigts pour stimuler le point G.

Lorsque votre prostate deviendra de plus en plus excitée, vous sentirez comme une sensation d’uriner (étant donné que c’est dans la même région, il est normal au début d’avoir de la difficulté à faire la différence entre l’envie d’uriner et celle d’éjaculer), enlever alors vos doigts ou demander à votre partenaire de les retirer, et poussez tout en poursuivant les caresses clitoridiennes ; il est possible que rien ne sorte ou bien au contraire que le liquide jaillisse assez loin.

Quel que soit le résultat, reprenez la formule et dès que vous sentez encore l’envie, poussez de nouveau. Recommencer autant de fois que vous le voulez et vous atteindrez un ou même des orgasmes des plus extraordinaires, je vous le garantis.

Si vous n’y arrivez pas ou vous ne ressentez rien, ne vous découragez pas, certaines auront besoin d’un peu plus de temps et d’essais que d’autres, l’important c’est que vous restiez détendue et sans pression.

Voici quelques informations supplémentaires qui pourraient vous être utiles en ce cas :

  • Environ 10 % des femmes sont munies d’un plus petit point G ou celui-ci est situé plus au fond du vagin, mais toujours sur la paroi supérieure.
  • La stimulation prodiguée n’est pas correcte ou trop brève.
  • La partenaire n’est pas vraiment excitée.
  • La sensibilité du point G n’a pas encore été éveillée.
  • Le point G peut aussi s’atteindre par le rectum et en résulter une ou des éjaculations.


Ce que vous devez savoir
Éveiller le point G afin d’atteindre l’éjaculation rapproche les couples, car son action éveille des émotions qui peuvent se libérer lors de l’éjaculation. Il est donc tout à fait normal que vous vous mettiez à pleurer à chaudes larmes en même temps que d’avoir le fou rire. Acceptez de vivre ce moment tellement libérateur, c’est vous rendre grâce et vous en serez plus que gagnante. Messieurs, accueillez votre compagne dans vos bras, ne vous sentez pas obligé de parler. Contentez-vous d’être à l’écoute et de l’accompagner dans cet état d’esprit libérateur pour qu’elle sente que vous êtes attentionné à son égard et encore plus amoureux d’elle.

En terminant, je souhaite simplement que cet article piquera la curiosité de ceux et celles qui n’en avaient pas ou peu entendu parler. Donnera le goût d’explorer cet autre niveau de la sexualité et de développer différentes façons d’arriver à l’éjaculation à toutes celles qui oseront éveiller la Déesse en elles !

Pour plus d’informations, je vous recommande un excellent livre sur le sujet de Deborah Sundahl : « Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine » aux éditions Tabou.

Les commentaires sont clos.