Financement d’un projet Agricole

par Marie-Noël Gaudreault

En juin dernier, mon conjoint et moi sommes tombés amoureux d’un joli petit lopin de terre. La terre en question, située dans la campagne montérégienne, a une superficie de 20 arpents, dont huit en culture agricole, l’équivalent en forêt, et le reste en friche et en pelouse. Nous sommes partis à la recherche d`un moyen de financer l’achat éventuel.

Prêt hypothécaire? Impossible; nous projettons l’auto-construction de notre demeure. On ne peut acheter une hypothèque que lorsqu’il y a une maison habitable. Dans le cas d’auto- construction, on doit financer le début des travaux, soit: le solage, la charpente et le toit. Ensuite, on peut demander une hypothèque, qui sera versée en déboursés progressifs au cours du projet. Notez bien que les déboursés progressifs s’effectuent après que les travaux aient été faits (25% de la maison est construite, on nous verse 25% du montant, un autre 15% est construit, on nous verse ce 15%), ce qui revient à dire que l’on doitdoit financer en attendant que les versements soient faits. Ça prend beaucoup d’argent devant soi…

Le prêt personnel? Rapidement rayé de la carte; le taux d’intérêt est énorme et, règle habituelle, le tout doit être remboursé en 5 ans. Ça fait des gros paiements! Encore faut-il se qualifier, démontrer notre capacité de paiement, et une stabilité d’emploi est exigée (minimum un an au même emploi)…

Nous avons vite été guidés vers la Financière, communément appelée le prêt agricole. La financière est un organisme gouvernemental provincial qui garantit des prêts pour financer des projets agricoles (elle offre la garantie aux institutions financières que celles-ci ne perdront pas d’argent, système similaire aux prêts étudiants). Critères d’admission: tirer un revenu de l’exploitation de la terre et offrir une mise de fonds d’environ 10% du projet. Les taux d’intérêt qu’ils offrent sont de l’ordre du taux hypothécaire en vigueur. Le terme de remboursement est de 20 ans ou moins. Tout cela fait que l’option Financière devient très intéressante.

Pour soumettre notre demande, nous avons rédigé un plan d’affaires de notre projet. Nous avons rencontré une conseillère en financement agricole, qui s’est déplacée chez nous. Nous avons discuté avec elle, visité la terre, et elle a toujours été très disponible pour répondre à nos questions. Elle a su nous conseiller pour ce qui est des prévisions des coûts du projet (achat de la terre, construction de la maison en bois cordé, installation d’une serre et fond de roulement de la petite entreprise ainsi développée). La Financière est là pour aider les agriculteurs, gros et petits, conventionnels ou biologiques. Je suis enchantée du service que nous y avons reçu. En plus du financement, la Financière peut verser des subventions lorsque l’entreprise créée devient notre revenu principal, soient l’Aide à l’Établissement (20 à 30 mille dollars pour développer d’avantage l’entreprise) et un gel du taux d’intérêt à 6% pour 5 ans.

Certains frais sont toutefois à prévoir, mais ne sont payables que si le prêt est accepté. Ils sont de l’ordre de 0.75% du montant accepté, soit 750$ pour un prêt de 100 000$, pour un minimum de 500$. Ces frais sont capitalisés sur le prêt total. Pour ce qui est des délais de traitement de dossier, la moyenne en 2001 a été de 12 jours. Nous avons dû attendre près de 2 mois puisque nous avons fait notre demande au début juillet, lors de la période de vacances (3 semaines de plus) et que notre dossier à dû être analysé au siège social à Québec (un autre 2 semaines) car notre projet est hors du commun (culture biologique). Avis aux intéressés, soyez patients.

Pour ce qui est de la rédaction de notre plan d’affaires, nous avons été aidés par la SADC (Société d’Aide au Développemet de la Collectivité) du Bas-Richelieu, aide qui fut très appréciée pour ce qui est des prévisions comptables. Leur mandat: aider au développement et soutenir la diversité agricole dans notre région. On nous y a offert de financer une partie du projet, soit la partie entreprise, avec des conditions de remboursement très avantageuses (congé de remboursement pendant deux ans). Les SADC, organismes fédéraux, ne sont pas présentes dans toutes les régions du Québec, mais sont similaires aux CLD (Centres Locaux de Développement), organismes provinciaux, qui sont plus répandus. Les CLD offrent de plus, une aide STA (Soutien au Travailleur Autonome) et autres programmes intéressants qui apportent une aide financière précieuse lors du démarrage d’entreprise.

Voici un résumé du résultat de nos recherches. Pour ce qui est de la mise en marche du projet, d’autres éléments sont à considérer, entre autres la CPTAQ (Commission de la Protection du Territoire Agricole du Québec) pour ce qui est du droit de construire une nouvelle maison en zone agricole.

Marchera? Marchera pas? Le destin semble nous guider ailleurs. Quoi qu’il en soit, nous ne repartirons pas à zéro: toute cette expérience a été énormément enrichissante pour nous, et peut l’être pour quiconque désire développer un projet en campagne. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions en rapport avec cette expérience, à l’adresse suivante: simonlesnuages@hotmail.com
Adresses utiles:

Financière agricole du Québec 
Bureau de St-Hyacinthe
www.fadq.qc.ca
(450) 778-6635

CLD des Maskoutains
(450) 773-4232

SADC du Bas-Richelieu
(450) 746-5595

CPTAQ
Longueil: 1-800-361-2090,
Québec: 1-800-667-5294

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