Les Jardins du Grand-Portage: la conscience écologique en beauté

par Sarah Maria et Isabelle Couillard

C’est avec un grand respect et une curiosité joyeuse que nous sommes allées à St-Didace visiter les jardins d’Yves Gagnon, jardinier accompli, et auteur de livres références qui ont fait leurs preuves sur le jardinage écologique.

Situé dans un endroit merveilleux, le jardin nous plaît déjà à première vue. On semble presqu’être en pleine nature sauvage, pourtant les parcelles sont nettoyées et organisées; Steve, le jardinier qui guide la visite, nous explique que c’est un principe du jardin. Créer un espace qui se rapproche le plus possible de la nature: plantes indigènes ( la Verge d’Or est notamment à l’honneur cet automne) et biodiversité.

Plus on diversifie, plus on équilibre : les ravageurs de telle plante seront contrôlés par d’autres de telle plante, et ainsi de suite. On recrée ainsi un cycle naturel. À mesure que nous avançons dans le jardin, nous comprenons vraiment ce que veut dire le terme écologie; Et ils ne sont pas avares de conseils! C’est magique, le jardin s’agrandit de pas en pas! En fait, les différentes parcelles sont séparées par des grandes plantes. On sent qu’ils aiment les plantes géantes : tournesol géant de Russie, chardon géant, Pigamon, Grande Berce; on voit aussi des arbres, plantés ci et là: pommiers, pins, sorbiers. On apprend que dans le jardin, trois parcelles seront en rotation année après année.

La première parcelle est celle des plantes gourmandes, c’est-à-dire les plantes exigeantes en matière organique. Ce sont les légumes-fruits comme la tomate, le concombre, la courge et l’aubergine. Détail intéressant dans cette parcelle: les tuteurs des tomates sont des petits tuyaux de cuivre! Le cuivre étant anti-fongique, ça réduit les risques de champignons dans les tomates. Et après utilisation, ces tuyaux se désinfectent facilement.

La deuxième parcelle est composée de plantes moins exigeantes en matière organique. Ce sont les légumes-racines et les légumineuses. À travers les légumes, on voit souvent des belles fleurs comestibles, rajoutant de la couleur au potager. Malgré ce qu’on pourrait en penser, le piment entre aussi dans cette catégorie même si c’est un légume- fruit. Car s’il est trop engraissé, il aura tendance à produire beaucoup de feuilles et moins de fruits.

La troisième parcelle se trouve à être une parcelle en engrais-verts. Ceux-ci ont pour mission de reposer le sol tout en lui procurant de la matière organique. Normalement, on enfouit la céréale dans le sol avant qu’elle soit en graine. Cette année, ils ont des ruches, alors ils ont laissé les belles fleurs de sarrasin pour nos amies les abeilles, qui en raffolent!

Durant la saison , il y aura une succession de trois (3) différents engrais-verts : La féverole, une légumineuse méconnue ressemblant à s’y méprendre à la gourgane, sera semée au tout début du printemps, car elle germe bien même en période de gel. Elle sera suivie du sarrasin, plus fragile, semé vers le solstice d’été. Le sarrasin occupera l’espace durant tout l’été. Il est aussi possible de semer du seigle d’automne qui est une vivace qui survivra durant l’hiver. Mais maintenant, ils ne se contentent que de deux engrais-verts car avec ces pratiques, leur sol sableux est devenu bien fertile.

On passe dans un beau petit jardin d’herbes médicinales, sous les soins de Diane Mackay, herboriste et compagne d’Yves. On sent la touche féminine! Les plantes-compagnes, au jardin, sont beaucoup les fines herbes car elles mêlent les odeurs au jardin et les ravageurs ont de la difficulté à trouver leurs plantes hôtes! Elles accompagneront aussi les légumes avec qui elles seront cuisinées : tomate- basilic, carotte-coriandre, etc.

On visite le jardin Zen, espace de méditation avec un bouddha sympathique, une plante couvre-sol et quelques plantes; à découvrir! Il est protégé par des grandes plantes, qui forment une clôture de protection naturelle. On s’arrête quelques instants dans une pergola donnant sur un étang. Cet étang a un aspect très naturel, car le fond argileux fait que les plantes indigènes s’y installent. La diversité de la flore fait que l’eau reste de bonne qualité. En périphérie, il se crée une zone semi-humide où l’eau monte par capillarité, ce qui fait que les plantes viennent s’y installer selon leurs besoins hydriques. De l’autre côté du jardin, il y a l’étang ayant comme fond une toile. Sa petite chute est alimentée par un panneau solaire sans batterie qui ne fonctionne que quand il fait soleil.

On termine la visite avec une vue magnifique sur les montagnes; et un repas succulent avec des légumes et des plantes du jardin, cuisiné et servi par Yves et Diane. Nous sommes sorties enchantées de la visite. Ce que nous retenons le plus c’est l’atmosphère magique qui émerge de ce lieu. Des jardins incontournables à visiter si on s’intéresse au jardinage écologique. Des jardins à vivre, à triper, à se laisser inspirer. Des colibris, des plantes géantes, des couleurs, des odeurs; on se sent redevenir enfant. Merci à toute l’équipe des Jardins du Grand Portage pour cette magnifique journée! Et Merci à Diane et Yves d’être un exemple d’espoir par votre conscience vivante;

Références :

Les Jardins du Grand Portage
Tel: (450) 835-5813
www.jardinsdugrandportage.com


Aux éditions Colloïdales:
La culture écologique pour petite et grande surface
La culture écologique des plantes légumières
Le jardinage écologique

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