J’ai pris une Prius!

par Pierre Nadeau

C’est lorsque j’ai appelé chez Via Route pour une location de trois jours qu’on m’offrit la possibilité de louer une voiture hybride, la Toyota Prius. Fort de mes convictions et de mes idéaux, je demandai aussitôt plus de détails à mon interlocuteur.

Je voulais de prime abord leur modèle économique, idéalement une japonaise, les sachant plus économiques en consommation d’essence et plus plaisantes à conduire. Pour 140 $*, on m’offre d’abord une Chevrolet Cavalier, assoiffée de carburant! Puis, pour 207 $*, je pouvais obtenir la Toyota Prius. Je sautai innocemment sur l’occasion, me disant que la différence serait couverte par l’économie d’essence. J’ai eu « plutôt » raison.

En chiffres, le modèle de base est offert à 30 000 $ CAD (sans les frais). Deux autres modèles sont offerts, allant jusqu’à 37 000 $, mais n’incluant que des options non reliées à la performance (navigateur GPS – très commun au Japon, lecteur DVD, etc.). Il s’agit d’un combo incluant un moteur à essence conventionnel de 4 cylindres et un autre électrique servant aussi de génératrice, chacun développant environ 70 ch. (chevaux-vapeur). Toyota parle d’une consommation de 4.0 et 4.2 L/100 km pour la route et la ville respectivement (notez le peu de différence!). Comme j’ai le pied lourd, mon expérience m’aura toutefois démontré que la Prius consomme plus que ça (de mémoire, 31 $ – peut-être un peu moins – pour 502 km dont 60 % sur la route, alors que l’essence était environ à 0,85 $, ce qui donne 7,25 L/100 km). Côté garantie, celle de base surprend un peu avec ses 36 mois ou 60K km. On est en partie rassuré en ce qui a trait à la nouvelle technologie avec une garantie de 96 mois ou 130K km sur les composants du système hybride.

On démarre la Prius en appuyant sur un bouton, comme une Formule Un, mais la comparaison s’arrête là. La voiture gère elle-même le démarrage et l’arrêt du moteur à essence, elle l’utilise au besoin (il est en marche 90 % du temps). Là où j’ai été impressionné, c’est par le génie du principe. J’ai observé que la conduite en ville se caractérise par environ 40 % d’accélération, 30 % de freinage et 30 % sur l’air d’aller. Une voiture conventionnelle gaspille donc les 60 % d’énergie du freinage et de celle potentielle de l’auto laissée sur son élan. La Prius utilise donc son moteur électrique pour générer de l’électricité durant ces périodes d’utilisation! Un écran sur le tableau de bord nous permet de suivre les péripéties du fonctionnement, des relations entre la transmission, les deux moteurs et les roues. L’échange d’énergie est clairement indiqué en temps réel. On peut même mettre en fonction un frein moteur générant encore plus d’électricité. J’ai ainsi pu recharger la batterie en descendant du Mont-Royal jusqu’au centre-ville, par la Côte-des-Neiges, sur le frein moteur. Jamais besoin de la brancher non plus.

Le meilleur des deux mondes, donc, entre la force d’un moteur conventionnel et la propreté d’un moteur électrique. La conduite est très confortable, avec une bonne tenue de route, une visibilité « moderne » fort satisfaisante (fini le temps où l’on devait se référer aux quatre extrémités de la voiture!), si ce n’est à l’arrière où un peu de pratique est requise. Les reprises sur l’autoroute n’ont rien d’une voiture de sport mais le chic et le confort sont au rendez-vous. On se sent d’ailleurs moralement beaucoup plus à sa place sur la route dans une Prius que dans une Corvette!

*Incluant toutes les taxes, les assurances et autres frais.

On peut voir toutes les infos à: http://www.toyota.ca/prius

Les commentaires sont clos.