La certification écoforestière

par Bob Eichenberger

Jusqu’à aujourd’hui, la plupart des essais de certification ont été des échecs. Même la F.C.S., la Forest Stewardship Council, ne peut plus vraiment certifier que son bois ne provient pas d’une coupe à blanc à la machinerie lourde. C’est triste parce qu’ils avaient les plus beaux principes, mais les appliquer à l’échelle de la planète semble trop difficile.

Peut-être que le vieil adage d’être mieux servi par soi-même s’applique dans notre cas.

Considérons une organisation comme Équiterre.  Elle a organisé des visites à la ferme, avec des départs des grandes villes.  Comme ça, un bon nombre d’intéressés ont pu voir sur place les pratiques de l’agriculteur.  Le bouche-à-oreille fera ensuite le reste pour établir l’Agriculture Soutenue par la Communauté.

Je verrais bien une association provinciale, ou plutôt des associations régionales d’écoforesterie.  Ces associations auraient comme critère de base l’interdiction de coupes à blanc quelle que soit l’appellation utilisée pour les décrire. En plus de voyages organisés de visites à la forêt, il y aurait des articles publiés sur les forêts membres, soit dans une revue périodique surIinternet ou dans une revue conventionnelle à faible tirage.

Il y en aura qui me diront qu’aucune association n’est immunisée contre la corruption et les pots de vin. C’est vrai. Et c’est pourquoi votre participation est un ingrédient essentiel jusqu’à ce que la toxicomanie de l’argent et du pouvoir soit guérie chez l’ensemble de l’humanité.  De toutes façons, quoi de plus agréable qu’une promenade en forêt?

Par exemple, dans la forêt de la famille Otis, à Saint-Damase, près de Matane, Gilbert Otis se fait un plaisir de montrer sa forêt aux visiteurs et de répondre à nos questions. Il nous fait voir et comprendre des aspects intéressants, des phénomènes insolites et des surprises que sa forêt nous réserve.  Pourquoi ne pas encourager plus de propriétaires forestiers à organiser des pique-niques d’automne et autres activités sociales d’interprétation?

Il arrive parfois qu’un visiteur achète du bois qu’il a lui-même choisi. C’est une formule qui se prête bien aux artisans spécialisés, aux ébénistes, aux luthiers et même aux constructeurs qui veulent être particulièrement fiers de leurs maisons.

En éco-foresterie, on est conscient qu’on a tout à apprendre et tout à essayer. C’est ce qui rend toute cette aventure si passionnante.

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