La forêt en ville: reprendre conscience de la nature en milieu urbain

par Héloïse Picard

Toutes les villes sont en fait d’anciens sites naturels ayant subi des transformations, par la créativité humaine, en centres urbains. Si la forêt originelle sur ces sites est en grande partie détruite, il reste toutefois des vestiges qu’il vaut la peine d’explorer. Afin de se sensibiliser à cette présence de la faune et de la flore  au milieu de nos rues et édifices en pierres, nous allons découvrir ensemble les espèces végétales et animales de la région forestière des basses terres du St-Laurent  qu’on retrouve dans la ville de Montréal.

Bien que la plupart des grands animaux aient migrés vers les forêts extérieures, il reste tout de même quelques moyens et petits mammifères sur l’île, ainsi qu’une très grande variété d’oiseaux. Étant une ville maritime, elle a la chance d’avoir sur ses rivages, des mammifères marins tels que le rat musqué et la loutre, et des oiseaux aquatiques ou semi-aquatiques tels que le Canard colvert, le Canard d’Amérique, le Grand Héron, le Goéland argenté et la Bécassine des marais.

Avoir accès au contact avec ces manifestations de la nature vivante est une source d’inspiration. On peu aussi avoir le bonheur de retrouver à Montréal,  deux autres espèces de mammifères sauvages de taille moyenne. Bien qu’essentiellement nocturnes, le Putois (plus connu sous le nom de Moufette) et le Raton Laveur déambulent librement dans la ville. Ce dernier s’est vu attribuer son nom au fait qu’il a l’habitude de nettoyer sa nourriture avec ses pattes avant de la manger. Ils sont tous deux de type omnivore alors… gare à vos poubelles!! On retrouve ensuite dans la gamme des rongeurs, l’Écureuil gris de l’est et le Suisse, rongeur coloré et attrayant de petite taille.

Parmi la  faune ornithologique montréalaise qui enrichit notre atmosphère sonore et visuelle, on retrouve après les espèces plus communes du Pigeon biset, de la Corneille d’Amérique, du Moineau domestique et du Merle d’Amérique. Des espèces plus rares et diversifiées comme le Bruant familier, le Roselin pourpré, le Chardonneret jaune, l’Hirondelle rustique, le Cardinal et le Geai bleu, la Mésange à tête noire, et j’en passe…

En réalité, le Mont-Royal et les grands parcs de la ville abritent une variété incroyable d’oiseaux. Les espèces sauvages et leurs habitats jouent un rôle crucial dans les processus écologiques et biologiques de viabilité de notre environnement urbain. Il est donc primordial de préserver cette diversité animale qui nous entoure, malgré la pauvreté en espaces verts du milieu.

La forêt des basses terres du St-Laurent est une végétation mixte où l’on retrouve des conifères (résineux) de la famille des taxacées, cupressacée et pinacées ainsi que des feuillus à fleurs et à fruits.

Montréal étant bâtie sur une zone de son étendue, on y retrouve ces espèces uniformément dans les parcs et le long des rues mais, on retrouve aussi en ville, à cause de la construction immobilière, des arbres d’importation de reboisement et d’ornementation plus spécifiques à chaque quartier selon les plans d’aménagement.

On peut nommer ici le Pin sylvestre, le Mélèze occidental, le Frêne rouge, le Cerisier de Virginie, le Sorbier plaisant, l’Érable de Norvège et de Pennsylvanie et plusieurs sortes d’arbrisseaux et buissons utilisés comme clôtures.

De la forêt originelle, on retrouve un peu partout, le Thuya Occidental, conifère de la famille du cyprès qu’on appelle à tort “cèdre” et qui sauva l’équipage de Jacques Cartier de la mort par le scorbut grâce à une tisane faite par les Iroquois de ses feuilles et de son écorce. Suite à ces événements, il fut surnommé Arborvitae (arbre de vie).

Autres conifères poussant naturellement sur le site; le Mélèze Laricin, seul conifère à perdre ses aiguilles à l’automne; le Pin blanc et rouge, le Sapin baumier (arbre de noël), la Pruche du Canada (dont la pointe supérieure sert de boussole, étant invariablement penchée à l’ouest); l’Épinette.

Dans la famille des feuillus, on retrouve à l’état sauvage, par odre du plus fréquent au plus rare: l’Érable à sucre, le noir (plus rare), le rouge, l’argenté et à épis; le Frêne blanc, dont la friction de ses feuilles soulage des piqûres d’insectes; le Bouleau à papier et le jaune; le Chêne à gros fruits, le blanc et boréal; le Peuplier baumier, faux-tremble et à grandes dents, le Saule noir, pleureur; l’Orme d’Amérique; l’Aulne rugueux; le Noyer cendré (qui fait allusion à la couleur de son écorce); le Sumac vinaigrier (grosses grappes de fleurs rouges); le Catalpa remarquable, dont les fruits restent tout l’hiver; l’Hêtre à grandes feuilles; l‘Amélanchier; le Sorbier d’Amérique et le Tilleul d’Amérique.

Ainsi, nous retrouvons une grande diversité faunique et végétale dans notre ville même. Pour en prendre conscience, il faut prendre le temps et ralentir notre rythme de citadin pour s’arrêter et contempler la nature qui nous entoure et nous protège.

Les arbres, ces mandalas vivants, médiums entre ciel et terre, nous protègent du bruit que font les moteurs en absorbant le son et les oiseaux produisent, en pouvant y trouver refuge, des sons qui insufflent la paix et l’harmonie à notre esprit. À nous de savoir prendre soin de ces trésors qui nous entourent et améliorent notre qualité de vie en promouvant leur préservation et leur intégrité.

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