La Journée internationale de la lenteur

par Patrick Hani

« OUF! » Soupir… Tout me semble aller trop vite. J’me perds… j’sais pu où j’m’en vais. Au fait, pourquoi suis-je toujours ou souvent en train de courir? Pourquoi tout va si vite autour de moi?

Un questionnement intéressant, certes… mais avons-nous des réponses? Prendre le temps. Le temps de s’arrêter, de ralentir… le tempo, d’entrer en contact avec soi… de se consulter. Puis, prendre conscience… de soi, des autres, de ce qui nous entoure; de la famille, des ami(e)s, de l’environnement… de la beauté de la vie, quoi. Tiens! Je m’arrête…Une odeur d’épinette se faufile à travers les arbres pour rejoindre mes narines. Mmmm, ça sent bon! J’entends les oiseaux chanter… Ahhhhhh… ça m’apaise.

Ooon! Qu’est-ce qu’on est en train de faire à la planète et ses habitants? Pis moi, qu’est-ce que je leur fais? L’ivresse de la vitesse a engourdi mes émotions et… ma conscience. Je ne m’en étais même pas rendu compte. Je n’me suis même pas rendu compte, non plus, que ma sœur passait une période difficile et que je pourrais lui « prêter » mon oreille… puis mon épaule comme oreiller. Même chose pour le reste de ma famille et mes ami(e)s. Et pourquoi pas, aussi, aider quelqu’un que je ne connais même pas que je verrais en difficulté? J’ai un besoin de me sentir en lien avec les autres et d’être solidaire.

Mais au fait!?… comment ralentir? Comment, justement, retrouver contact avec moi? Est-ce que ça me prend un CHOC dans ma vie ou un événement difficile pour déclencher en moi un ralentissement quand « ma » vitesse est démesurée? Ou, est-ce que je peux « prévenir avant de guérir? » Peut-être que je vais trop vite, sans m’en rendre compte, pour une question d’apparence… ou de « statut social »?

Hey! Faut pas avoir l’air paresseux aux yeux des autres, dans la société dans laquelle nous vivons. En plus, il faut que je m’achète du beau linge pour bien paraître et me faire accepter. Ça coûte cher par contre, mais pas grave, je vais travailler « plus d’heures ». Ah oui! C’est vrai; ben j’achèterai du linge fait en Chine ou en Inde. Cool… la main-d’œuvre est super cheap, fait que ça me coûtera moins cher pis j’pourrai m’en acheter plus. Bof! Y sont pas tous exploités quand même!? De toute façon, j’suis bien trop préoccupé à bien paraître alors, les problèmes des autres, j’ai pas le temps d’y penser.

Ben cout’ donc? Pourquoi j’veux bien paraître? Hummm… Peut-être parce que j’ai besoin d’attention? Qui n’en a pas besoin? Ben, oui pis non. Dans le fond, là, j’ai besoin d’être aimé, je l’avoue. Ça m’fait penser à un extrait d’une chanson: « … tout c’qui bouge et pis res-pire a be-soin d’a-mour, de vivre et laisser vivre ». Bon, alors c’est correct. Mais peut-être que je m’y prends mal pour y arriver et que ç’a un impact négatif sur mon environnement. Ou, peut-être que je veux combler un vide en moi en consommant n’importe quoi, pourvu que j’y arrive à un moment donné?

Tant de questions importantes à se poser, surtout lorsque notre « vitesse » de surconsommation et de surproduction est destructrice et nuisible à l’environnement, ainsi que polluante pour notre relation à soi et aux autres. S’il faut en plus qu’elle soit sans fin! Cette sorte de vitesse nous épuise et nous rend malades. Il n’est pas question d’abolir la vitesse totalement, cela serait déraisonnable. Si mon père, un jour, a soudainement une crise cardiaque à la maison, j’espère de tout cœur que les ambulanciers seront aussi rapides que des bolides de Formule 1.

Finalement, elle sert à ça, La Journée de la lenteur: faire prendre conscience de nous-mêmes, des autres et de notre environnement… en ralentissant. Pour un milieu de vie sur Terre qui soit plus sain et plus humain. Il y a des choses qui ne peuvent pas être « précipitées », comme être à l’écoute de son enfant et le soutenir: ça demande qu’on s’arrête et qu’on prenne le temps. La journée vous propose des ateliers, de ralentissement justement, qui sont apaisants et qui permettent un « recentrage » sur soi. Elle permet également l’expression du « vrai soi » et encourage un rapprochement agréable et sain entre individus qui forment la collectivité. Donc une série d’activités pour déguster du « slowfood », rire, vivre le moment présent, chanter, danser, recycler… en « goûtant » profondément et réellement à ces plaisirs grâce aux experts en la matière qui seront sur place pour que vous puissiez repartir avec un « coffre à outils » favorisant la sérénité, la gaieté, la légèreté… et la lenteur.

Donc, bonne « Journée ».

Les commentaires sont clos.