Petit guide inspirant pour écovillage québécois

par Prudence-Élise Breton

Cet été, j’ai vécu l’une des expériences les plus enrichissantes de ma jeune vie en me rendant aux États-Unis afin de séjourner dans deux communautés écologiques. En effet, bien déterminée à en apprendre le plus possible sur ce modèle et équipée de ma grille de développement durable et de mon dictionnaire anglais-français, tel qu’annoncé dans l’article Développement durable en action: deux écovillages à l’étude paru dans le numéro 19 de la revue Aube, j’ai visité deux écovillages reconnus mondialement. Force est de constater que j’en ressors hautement satisfaite, puisque ce voyage m’a apporté une foule de leçons, connaissances, prises de conscience et pistes d’action que je tiens à partager afin que de tels établissements se taillent enfin une place dans le paysage québécois.

Je tenterai donc ici de vous dresser un bref portrait des endroits visités et de mettre de l’avant les points dignes de mention et dont il faudrait tirer profit dans l’élaboration d’un projet d’écovillage.

Sirius Community, Massachussets
Cette communauté, qui entamera bientôt sa vingt-huitième année d’existence, compte environ 35 habitants répartis dans cinq habitations sises aux abords d’un terrain de 90 acres. L’espace naturel prédomine: la forêt, le marécage, l’étang et les jardins occupent en effet plus du deux tiers de l’espace commun. Sirius est une organisation à but non lucratif, dont la mission est l’éducation à la spiritualité non religieuse.

Au fil des années, cette vocation de base a amené cette communauté à travailler d’arrache-pied pour vivre en harmonie avec la nature, en adoptant une panoplie de comportements et en développant des savoir-faire et des technologies écologiques. En effet, la croyance en une présence divine omniprésente, quelle que soit sa forme, nous fait vite constater que tout est interconnecté à tout et qu’il faut donc user de bienveillance envers l’entièreté de notre environnement. Cet écovillage n’a donc pas vu le jour dans l’unique but de créer un lieu écologiquement viable: il est aussi, à plusieurs égards, un véritable modèle en la matière.

De bons coups à imiter
À partir de l’observation que je fis tout au long de mon voyage d’étude, je pus constater que Sirius est un exemple remarquable de plusieurs éléments concernant le développement d’un mode de vie durable.

Les membres actifs sont aussi majoritairement employés de la communauté. Pour un montant de 65 $/mois et huit heures de corvée par semaine (ex.: entretien du Centre communautaire, préparation des soupers communautaires…), ils peuvent utiliser les biens communs. Ils ont également le droit et le devoir de participer aux réunions de planification. Les membres supporteurs (le voisinage principalement) ont, quant à eux, le droit de participer aux activités et aux avantages du partage, tels l’achat en vrac de nourriture et l’accès à la station de biodiésel. Ces deux différents types de membership permettent un certain élargissement de la communauté, car celle-ci démontre alors son ouverture sur l’extérieur. Ainsi, même les gens qui n’ont pas choisi la vie communautaire peuvent contribuer à l’œuvre de Sirius et, à leur façon, mettre leur grain de sel pour bâtir un monde plus écologique.

Structure et gouvernance
La prise de décision est effectuée lors des réunions de planification tous les jeudi soirs. Chaque rencontre débute par vingt minutes de méditation, ce qui permet alors à tous et toutes de s’imprégner d’un état d’esprit plus calme et serein. Suivent ensuite les points figurant à l’ordre du jour, et toutes les décisions sont prises par consensus. Cette méthode exige du temps, mais elle permet à chaque individu d’être entendu et minimise les insatisfactions. C’est lors de l’une de ces séances qu’est élu, une fois l’an, le conseil d’administration qui gère les activités aux niveaux administratif, financier et organisationnel. Pour clôturer le tout, deux heures plus tard, une période est allouée afin de donner l’occasion aux gens de souligner un ou plusieurs éléments appréciés chez un autre membre présent ou au sujet de tout autre élément d’ordre général. Ce mode de conclusion aide à consolider l’esprit d’appartenance et détend l’atmosphère après des discussions qui se révèlent parfois houleuses. La méthode de prise de décision, la durée, ainsi que la fréquence des rencontres m’ont semblé parfaitement bien calibrées, pour preuve le taux élevé de participation des membres (70-75 %).

Emploi et activité économique
Sirius a une situation géographique avantageuse: elle est située à moins de 15 minutes de route (25 minutes à vélo) d’Amherst, ville de 30 000 habitants hébergeant notamment l’Université du Massachusets. En effet, l’accès à ce bassin de population signifie que les activités économiques qui se déroulent sur les lieux de l’écovillage sont facilement accessibles aux gens de l’extérieur. De plus, des possibilités d’emploi sont disponibles pour les gens de la communauté qui désirent travailler à l’extérieur de celle-ci.

Environ 50 % des habitants de la communauté ont un emploi à temps partiel ou temps plein auprès de la communauté écovillageoise. Deux principales activités sont génératrices de revenus: elles permettent de couvrir les dépenses encourues par l’organisation, de même que de développer et d’améliorer les biens communs. La première activité est le département de l’hébergement (guest department) qui englobe la location de chambres dans le Centre communautaire, le camping, la location du chalet de retraite situé à distance dans la forêt, ainsi que l’accueil de groupes de formation provenant de l’extérieur. Par exemple, les gens de la communauté ont créé un partenariat avec l’Université du Massachusetts pour que se déroule chez eux, à tous les étés, des cours accrédités de permaculture d’une durée de trois semaines. En plus d’assurer un revenu nécessaire à la communauté, cette activité permet à Sirius de rester ouverte sur le monde et d’assurer son dynamisme interne. 

La deuxième activité économique d’importance est le programme d’apprentissage (Apprenticeship program). Celui-ci prévoit accueillir, pour un prix raisonnable, des gens de l’extérieur durant une période variant de deux semaines à plusieurs mois. Ils peuvent ainsi expérimenter et apprendre les rudiments d’un mode de vie basé sur des principes de viabilité, d’harmonie et de durabilité. J’ai pris part à ce programme au cours duquel j’ai assisté à quelques heures de cours théoriques sur le thème de la construction d’une serre, en plus de m’adonner à diverses activités: jardinage, préparation de repas, construction écologique, entretien des bâtiments communautaires, cueillette et identification de plantes sauvages comestibles. Si ce département n’est pas des plus rentables au plan financier, il permet néanmoins aux habitants de la communauté de partager leur savoir-faire et de bénéficier d’un sérieux coup de main pour la réalisation de ses différents projets.

Dans l’écovillage Sirius, l’entrepreneurship est valorisé et supporté. Un système d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) est en opération à l’intérieur de la communauté afin que soient distribués les fruits et légumes issus des jardins et du verger de la communauté. Une micro-entreprise a aussi récemment vu le jour. Deux partenaires résidents se spécialisent dans la fabrication de Kambutcha, une délicieuse boisson à base de gingembre. Le volet économique semble donc globalement bien intégré à la structure. Il s’agit, à mon sens, d’un des points importants à mettre en place au sein d’un écovillage et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’activité économique encourage fortement l’interaction entre les individus à l’intérieur de la communauté, renforçant le sentiment d’appartenance et consolidant l’esprit du travail en collégialité. Cette même interaction bénéfique est tout aussi présente dans les échanges avec les individus provenant de l’extérieur qui contribuent également par leur apport et leur savoir-faire. De son côté, Sirius peut, par la même occasion, faire connaître et promouvoir ses valeurs humaines et écologiques par-delà ses frontières territoriales et sociales. De plus, la présence d’un marché local réduit la dépendance vis-à-vis de l’extérieur et minimise le transport, laissant donc plus de temps pour la détente et les loisirs.

Des alternatives vertes
En plus de l’adoption de comportements globaux plus sains et écologiques, comme la simplicité volontaire et le partage de biens, Sirius a mis en place un éventail varié d’installations, de techniques et d’infrastructures écologiques. En voici quelques-unes qui méritent d’être reprises au sein d’un projet d’écovillage.

Serres adjacentes aux bâtiments: Il y a plus d’un an, une serre a été, à titre expérimental, adossée au côté sud du Centre communautaire. Cette structure magnifique remplit de nombreuses fonctions contribuant à améliorer la qualité de vie. D’abord, elle est reliée à la salle à manger et bordée d’un trottoir (qui sert également de masse thermique), où ont été installées des tables permettant d’y manger et d’y lire tout en bénéficiant de la chaleur et de la lumière du soleil. Faite de fenêtres thermos et de plexiglas, cette construction capte les rayons du soleil, ce qui réduit les besoins de chauffage durant l’hiver. Finalement, elle permet une extension de la période de production de légumes. En effet, en semant ou repiquant à la fin de l’été, les plants poursuivent leur croissance durant l’automne, tombent en dormance durant l’hiver, puis reprennent vie au printemps pour produire très tôt, soit dès le début de l’été. L’installation de la serre a finalement été tellement concluante qu’on songe à en ajouter à d’autres bâtiments de la communauté.

Constructions écologiques: Les bâtiments sont faits de bois provenant exclusivement du site de l’écovillage, majoritairement de l’emplacement dégagé afin de pouvoir construire, et ils sont isolés avec de la cellulose. Ces choix, je tiens à le souligner, sont écologiques parce qu’ils exigent peu d’énergie (transport et transformation) et utilisent des ressources renouvelables et biodégradables. Les constructions respectent les règles du solaire passif: les fenêtres sont situées de manière à capter le maximum de lumière et à éviter les pertes de chaleur (nombreuses et grandes au sud, rares et petites au nord). À une exception près, les bâtiments comprennent plusieurs unités habitables ou appartements. La surface de terrain dégagée et dégradée lors de la construction est donc moins importante qu’elle ne le serait pour un nombre de maisons individuelles équivalent. De surcroît, la proximité des logements fait en sorte que les besoins de chauffage sont un peu moindres en période hivernale.

Finalement, on remarque une harmonie architecturale évidente d’un bâtiment à l’autre. Le cachet ainsi créé transmet un message d’unité, une marque de commerce qui suscite l’admiration et l’émerveillement. Il s’agit, à mon avis, d’un élément primordial pour un écovillage qui se veut un modèle, un exemple à suivre pour une société plus unie, plus respectueuse de la nature et où règne la beauté.

Station de biodiésel: Six véhicules diésel appartenant à la communauté ou aux membres individuels ont été convertis afin de pouvoir rouler grâce à de l’huile de friture usagée. Cette dernière est collectée auprès de divers restaurants des alentours, puis filtrée deux fois avant d’être utilisée. L’espace réservé à cet usage est situé sous le moteur de la chambre froide du Centre communautaire, permettant alors de maintenir la température à 115 °F, soit la température nécessaire à la filtration des huiles usagées. Ainsi, les habitants de l’écovillage se prémunissent contre la dépendance au pétrole: ils réutilisent un extrant qui autrement serait considéré comme un déchet, libérant par le fait même beaucoup moins de gaz à effet de serre. Le résultat: la production de 21 % moins de monoxyde de carbone et de 47 % moins d’hydrocarbures.1

Earthaven ecovillage, caroline du nord
Lors de la mise sur pied officielle de la communauté en 1994, les fondateurs de Earthaven avaient tous à cœur le respect de la nature sous toutes ses facettes. Ils et elles rêvaient d’un écovillage d’envergure, qui deviendrait une référence en matière de mode de vie écologique. L’accent y est donc principalement mis sur l’écologie. D’une superficie impressionnante de 350 acres, cet écovillage se divise en plusieurs voisinages ou quartiers (neighbourhoods) qui rassemblent un total d’environ 50 résidents. Le projet prévoit toutefois augmenter la population à quelque 160 personnes.

Aménagement du territoire
Pour un projet ayant pour ambition de loger une population de cette importance, l’espace doit être réparti de manière adéquate, en fonction des usages que l’on en fera et du résultat final escompté. Ainsi, Earthaven est constitué, en son centre, d’un restaurant-bistro communautaire (le White Owl), d’un magasin général (Trading Post), de la salle du conseil et d’une aire de jeux autour desquels gravitent plusieurs voisinages ayant chacun leurs valeurs et façons de vivre bien à eux. (((place centrale.jpg à inscrite dessous : Centre de l’écovillage. À gauche le magasin général, en face, le restaurant-bistro))) Ceux-ci se différencient par le type de construction choisi, leur degré de cohésion et leur mode de partage des ressources. Certains voisinages sont plutôt éloignés, les gens ont des maisons individuelles et n’ont en commun que la partie de terrain qui leur est alloué. Certains partagent tout (bâtiments, corvées, nourriture) et organisent des activités entre eux (ex.: cohousing) alors que d’autres se situent quelque part entre les deux. Chaque voisinage a droit à dix acres pour se développer. La structure ainsi conçue respecte le droit à la différence, en laissant la place à une certaine diversité de modes de vie parmi ses habitants.

Le terrain et ses composantes ont été sérieusement étudiés afin que soient définis et planifiés ses divers usages, en convergence avec les valeurs écologiques fondamentales de Earthaven. Ainsi, par exemple, à cause de la présence d’écosystèmes sensibles, plusieurs sites sont déclarés sacrés, c’est-à-dire que toute intervention humaine y est interdite. De plus, par respect pour les autres êtres vivants qui cohabitent avec les résidents, un maximum de 150 sur les 350 acres du terrain pourront être dédiées à l’occupation humaine. Les écovillageois se sont également dotés d’une signalisation ainsi que de règles de conduite et de fonctionnement. Dans un projet comme celui-ci, il faut constamment chercher à atteindre le difficile équilibre entre organisation et flexibilité. C’est notamment ainsi qu’un écovillage se distingue d’un simple village: il n’y a pas de police, les gens se sentent responsables d’un milieu qui leur appartient, ils ont décidé des règlements et, par conséquent, savent pourquoi ils doivent les respecter.

Gestion des ressources naturelles
Cet écovillage s’est doté d’une solide structure pour encadrer ses rapports avec son environnement écologique. De nombreuses observations menées par des membres spécialistes en permaculture ont conduit à l’élaboration de plans visant à baliser l’utilisation des ressources naturelles. Il en découle donc un plan d’écoforesterie, de gestion de l’eau et de l’énergie renouvelable, tous insérés dans un plan global. De prime abord, cet exercice peut paraître fastidieux. C’est pourtant un moyen incontournable de se fixer des objectifs clairs, capables de traduire en actions les valeurs écologiques qui ont fait naître, dès le départ, le désir de mettre un écovillage sur pied. Il permet également d’anticiper la capacité de portée à long terme des ressources, afin d’assurer la pérennité de tous les êtres vivants occupant les lieux.

  • L’eau

L’eau étant une condition sine qua non de toute vie sur Terre, sa gestion y est très rigide. Lorsque collectée de la source, elle doit être réutilisée le plus possible, filtrée et purifiée avant d’être retournée à la terre. En fait, cette attitude reflète la compréhension et le respect pour le cycle naturel de cette ressource primordiale. Selon les évaluations sous-jacentes au plan de la gestion de l’eau, l’eau potable provenant de la source ne pourra approvisionner la totalité des habitants avec l’expansion éventuelle de la population. Ainsi, il est prévu que soit mis en place des systèmes de récolte de l’eau de pluie, certains étant d’ailleurs en cours de construction. (((to n fro earthhaven no 10063.jpg à inscrite dessous : Citerne d’un système de récolte des eaux de pluie en construction))) Ensuite, lorsqu’on a recours à cette ressource pour des usages domestiques – tels la douche, le lavage de la vaisselle, le ménage – on a ici la décence de la remettre dans l’état où elle a été prise: chacun des voisinages est par conséquent doté (ou du moins envisage de l’être) d’un système de purification des eaux grises. Après utilisation avec des produits exclusivement biodégradables, l’eau est ensuite réacheminée à travers plusieurs couches successives de gravier pour finalement séjourner dans un étang où elle sera filtrée par des plantes spécialement sélectionnées pour leurs propriétés dépuratives. (((étang eaux grises.jpg à inscrite dessous : Étang de filtration des eaux grises)))

  • Énergies renouvelables

Les écovillageois de Earthaven tendent le plus possible à devenir autosuffisants en énergie domestique. Une centrale micro-hydroélectrique alimente les bâtiments communautaires. Elle diffère des installations gigantesques que l’on retrouve au Québec par le peu d’impact qu’elle a sur la nature. Seul un petit filet d’eau de la rivière est détourné de sa course dans un tuyau qui active une turbine avant de retourner au cours d’eau initial. L’énergie ainsi produite est emmagasinée dans des piles à grande capacité. Les plans prévoient aussi la construction d’une autre centrale semblable sous peu. (((micro hydro.jpg à inscrite dessous : Centrale microhydroélectrique et piles)))

Les maisons individuelles sont toutes, sans exception, dotées de panneaux solaires et d’un panneau de contrôle qui convertit l’énergie solaire en électricité utilisable par les appareils ménagers courants. Seule l’alimentation des lignes téléphoniques est assurée par le système de distribution régulier. Les cuisinières, quant à elles, fonctionnent au gaz naturel. Un projet pilote est par ailleurs en cours afin d’envisager la production de méthane sur place. Ce gaz serait obtenu de la fermentation de fumier humain (et/ou animal) contenu dans une profonde fosse, minimisant alors les besoins d’approvisionnement extérieur. Sans être impossible au Québec, ce système serait cependant plus difficile à reproduire ici dû aux températures très froides en hiver.

Je fus surprise des nombreux efforts déployés à Earthaven pour recourir à des sources d’énergie alternatives. Dans notre mode de vie confortable axé sur la facilité, nous ne nous rendons pas compte de tout ce qu’implique pour l’environnement le seul geste d’allumer un ordinateur. À Earthaven, nous sommes amenés tous les jours à en prendre conscience, ce qui permet d’éliminer presque totalement le gaspillage.

Aller encore plus loin…
Ces deux communautés remarquables présentent une myriade d’éléments dignes de mention. Il importe de tirer profit de leurs expérimentations et réussites afin d’optimiser le potentiel de ce qu’un écovillage peut espérer avoir. Mon examen de ces écovillages a cependant révélé certains éléments incomplets à mes yeux, voire paradoxaux et desquels il faut également tirer leçon. Avant de conclure, je tiens à en exposer un que je considère majeur.

Le lien avec la ville est indéniable. Les services, les marchés éventuels et les visiteurs s’y trouvent. Quelques habitants y travaillent, parfois plusieurs jours par semaine. Tous doivent s’y rendre un jour ou l’autre, souvent chaque semaine au minimum. Or, j’ai remarqué que la mentalité individualiste de l’automobile était encore très présente en ces lieux. En effet, je n’ai constaté nulle part la présence de mesures incitatives pour ceux qui feraient le choix de ne pas posséder d’automobile (ex.: rabais sur les frais d’adhésion) ni même de système de covoiturage formel. Même le recours au biodiésel, qui produit moins d’émissions polluantes mais en produit tout de même, ne peut être une excuse pour justifier l’emploi systématique de l’automobile sur une base individuelle. Afin de réduire cette pratique, un système d’affichage pourrait être instauré pour favoriser le covoiturage et son utilisation fortement encouragée et publicisée dans la communauté. Un service de navette avec la grande ville la plus proche – dont la fréquence resterait à déterminer – permettrait un accès facilité pour les visiteurs et offrirait l’opportunité aux résidents de diminuer l’utilisation des véhicules individuels, voire même de l’éliminer dans une certaine mesure.

Un « point de service en ville » de l’écovillage serait également souhaitable et parfaitement complémentaire à un service de navette. Celui-ci consisterait en un point de dépôt ou de vente pour les biens produits éventuellement dans l’écovillage et de quelques chambres pour abriter les membres ayant besoin de rester en ville pour quelques jours ou pour loger temporairement des visiteurs ayant manqué la dernière navette lors de leur arrivée en train, en avion ou par un autre moyen.

Conclusion
Ce voyage a donc été l’occasion d’acquérir une expérience précise et spécialisée, dont on ne trouve encore pratiquement pas d’exemples au Québec. J’ai dorénavant une meilleure compréhension du concept de développement durable et une image plus claire de ce que devrait être l’écovillage idéal. Lieux propices à l’innovation et l’originalité, ces deux communautés donnent à l’individu qui y vit une grande liberté d’expérimentation qui bénéficie également à tous. Au plan écologique, ces communautés déploient, chacune à sa façon, des efforts afin de minimiser les extrants provenant de l’activité humaine, de l’enseignement de la permaculture jusqu’à la fabrication de gaz naturel. Ensuite, on remarque la présence d’un mode de fonctionnement plus humain, avec des infrastructures communes favorisant l’accès aux loisirs et réduisant de beaucoup la consommation. Finalement, le volet économique, lorsqu’il est bien intégré, incite à un certain dynamisme interne et permet de maintenir le contact avec l’extérieur.

Sirius et Earthaven sont la preuve que l’écovillage n’est pas un concept flou qui n’existe que dans les rêves des idéalistes, mais une alternative de vie réelle, bien que perfectible.

1 Pacific Biodiesel, http://www.biodiesel.com

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