L’Arche de Noé: Conserver la biodiversité

par Norman Lévesque

Rappel éclair de l’histoire de Noé (Genèse, chap. 6 à 8): Un Déluge s’en vient: tout sera noyé. Noé est averti par Dieu qui lui demande de construire un gros bateau pour protéger des centaines de couples d’animaux. Il s’occupe d’eux pendant la crise et quand les eaux se sont retirées, tous les animaux sont libérés pour permettre à la vie de reprendre sur la terre. Un arc-en-ciel apparaît pour marquer l’Alliance entre Dieu et les humains…

Ce récit est symbolique. Il ne prétend pas que Dieu soit la cause de catastrophes climatiques. Par contre, les récits bibliques cherchent à inspirer nos actions. Entre autres, ce récit nous rappelle que Dieu est lié à notre désir de protéger cette vie si précieuse qui nous entoure. Malheureusement, nous ne semblons pas tous percevoir cet appel.

La présente vague d’extinctions d’espèces n’est pas causée par des volcans ou des astéroïdes… elle est causée par une espèce indigène à la planète: c’est l’humain qui rase les habitats naturels, qui pollue, qui gaspille et qui cause un réchauffement du climat. Depuis l’arrivée de l’humain, il y a un million d’années, il n’y a pas eu d’extinctions massives. Les cinq grandes extinctions, dont on a les preuves autour du globe par les fossiles, se sont produites il y a 440, 365, 245, 210 et 65 millions d’années. L’extinction actuelle dépasse la raison: une espèce s’éteint à toutes les 10 minutes, selon les calculs d’Edward O. Wilson, ce qui équivaut à 50 000 espèces par année ! Le plus effrayant, c’est notre ignorance et notre insouciance !

Pourquoi protéger la biodiversité, comme Noé ?
« Ils vinrent à Noé, couple par couple, de toute créature animée de vie. » Incroyable… cette histoire fabuleuse aurait pu mettre en scène des centaines d’animaux… mais alors certains maillons de la chaîne alimentaire seraient manquants ! Déjà, dans ce texte écrit au 6e siècle avant Jésus-Christ, on retrouve l’idée que les vivants ont besoin des autres vivants. L’histoire rappelle que ce n’est pas à l’humain de décider qui vivra et qui mourra, mais que la conservation de la nature est innée chez toute personne ouvrant son cœur… comme Noé.

Chaque espèce est importante dans son écosystème, car il existe un équilibre à respecter. Par exemple, si on pêche trop de saumon, la tortue manquera de nourriture et disparaîtra du paysage. Un autre scénario serait l’augmentation de la température de l’eau qui empêcherait la reproduction de plusieurs petits poissons et mènera à la perte de l’aigle. S’il manque un étage dans la chaîne alimentaire, c’est tout l’écosystème qui en souffre. Voilà l’importance de protéger une grande diversité d’espèces. Plus il y a d’espèces, meilleure sera l’adaptation de cet habitat.

Toute espèce vivante est reliée à d’autres, un peu comme une grande toile d’araignée invisible. Et l’humain fait partie de ce grand réseau, malgré la modernité. Il suffit d’une sécheresse pour enclencher une famine et une perte de bétail. Quand El Niño est arrivé au Pérou, l’eau est devenue  trop chaude et les poissons ont fui les côtes et tous ont eu faim. L’espèce humaine est comme un maillon dans un grand tricot: ça restera solide aussi longtemps qu’il y aura assez de corde ! Nous sommes interdépendants.

Cependant, cette dépendance nous pousse aussi à ouvrir notre cœur à cette grande famille terrestre, nos frères et sœurs de l’eau, de la terre et de l’air. La génétique a déjà démontré que plus de 98 % de nos gènes sont identiques à ceux du chimpanzé, et 90% avec ceux de la souris… Puis, l’humain, investi du don de l’intelligence, n’est pas responsable de gérer des ressources, mais d’être gardien de la Création.

Alors, la prochaine fois qu’il y aura un dérèglement du climat et que les formes de vie seront menacées, penserez-vous à la nécessité de conserver la nature comme Noé ?

 

Références: 

La chaîne alimentaire dans les Grands Lacs

Source : Les Grands Lacs, Atlas écologique et manuel des ressources, rédigé conjointement par le Gouvernement du Canada et Environmental Protection Agency (U.S.A.), 1988.

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