Noël

par Marie Guay

Bien avant de commémorer la naissance du Christ, on célébrait déja le 25 décembre.

Après le solstice d’hiver, le soleil commençait à remonter sur l’horizon, ce qui, pour les anciens, équivalait à une renaissance.

Cette fête païenne avait un caractère universel. On allumait ce jour-là de grands feux destinés à renforcer la puissance précédemment déclinante du soleil. Un vestige toujours actuel de ces feux est la bûche de Noêl qui, avant de devenir un gâteau, fut un bloc de chêne mis au foyer le 24 décembre, puis retiré du feu et conservé toute l’année, afin qu’elle protège la maison du feu et de la foudre.

Peu avant l’ère chrétienne, dans l’Empire romain, la fête du 25 décembre était devenue celle de la nativité du Soleil, identifié à Mithra, dieu solaire d’origine perse que l’on appelait soleil invincible.

Comme les Évangiles ne disaient rien du jour de la naissance de Jésus, et voyant que les chrétiens prenaient part à ces solennités et à ces réjouissances, les docteurs de l’église du IVe siècle décidèrent que l’on célébrerait ce jour-là la véritable nativité du Christ, dont  la naissance ressemblait à celle de Mithra, le dieu solaire: naissant d’une vierge dans une caverne qu’il illuminait de ses rayons, comme le Christ, lumière du monde, dans la grotte de Bethléem.

L’arbre de Noël
La coutume de l’arbre de Noël tiendrait de la période chrétienne du moyen-âge, avant que l’imprimerie ne fasse son apparition. Étant écrits à la main, les livres étaient rares et chers. On enseignait donc les bases de la religion à l’aide de pièces de théâtre qui représentaient souvent les miracles du Christ et des premiers Saints.

L’une des plus populaires était celle qui racontait comment Adam et Ève avaient succombé à la tentation et avaient été chassés du Paradis terrestre. L’unique décor, un sapin vert auquel on avait suspendu les fameuses pommes, servait d’arbre défendu. On choisit le sapin, car sa verdure perpétuelle symbolisait la vie éternelle.

Suite au succès remporté par la pièce, ce sapin devint vite connu sous l’appellation de l’arbre du Paradis. Comme l’épilogue de la pièce annonçait la venue du Christ, on la présentait en guise de préparation à la fête de Noël. Bien que l’Église romaine ne reconnut jamais officiellement la sainteté d’ Adam et Ève, elle encourageait la célébration symbolique de leur fête le 24 décembre.

C’est en Allemagne, durant le XVIIe siècle, que l’on eut l’idée de combiner cette coutume à une autre déjà existante qui consistait à décorer une petite structure de forme pyramidale à laquelle on suspendait des boules de verres et des glaçons, ainsi qu’une chandelle allumée à son sommet qui symbolisait la naissance du Christ comme étant la lumière du monde.

On remplaça les pommes défendues par des friandises et ornements attrayants, et l’on mit une étoile à son sommet telle l’étoile de Bethléem. On voulut ainsi rappeler que le Christ avait sauvé l’humanité par le don suprême.

C’est en 1781 que l’on alluma le premier sapin de Noël au Canada, dans l’illustre maison des gouverneurs de Sorel, appartenant alors au général Allemand Von Riedesel.

Le Père-Noël
Saint-Nicolas est à l’origine de notre héros d’enfance, le Père-Noël. Né en Asie Mineure, devenu plus tard évêque de Myra en Turquie, il était reconnu par tous comme le saint patron des enfants de la Russie et autres régions nordiques.

La célébration de sa fête s’est transformée en fête pour les enfants, car il avait pris coutume de les choyer et de les chérir. On connaît peu de sa vie personnelle, à part qu’il aurait effectué des miracles telle la résurrection d’enfants, ainsi que des sauvetages héroïques.

Sa légende historique fût transmise au 17e siècle par les Hollandais, d’où l’origine de son nom américain « Santa Claus », qui s’avère la malprononciation de son vrai nom hollandais  » Sinta Claes ».

Vêtu d’un long manteau rouge et portant une mitre d’évêque, il voyage à dos d’âne et est accompagné de personnages qui diffèrent selon les régions.

En 1809, L’Américain Irving Washington contribua à la naissance du Père-Noël par des écrits de fiction dans lesquels Saint-Nicolas apportait des cadeaux aux enfants et remontait dans son chariot, volant au-dessus des arbres et disparaissant au loin.

Vingt ans plus tard, son chariot tiré par un cheval se transforma en traîneau tiré par un renne et ensuite par huit rennes, tel qu’illustré dans des livres pour enfants écrits par le Dr Clément Clark Moore. Cette image devint encore plus populaire lorsque le petit renne au nez rouge, Rudolf, fit son apparition comme chef de l’attelage.

Santa apparaissait fréquemment dans les livres pour enfants, mais son apparence variait grandement, quelquefois grand et mince, et d’autrefois, petit et grassouillet.

C’est le grand caricaturiste Thomas Nast qui popularisa en 1863 l’image actuelle du joyeux elfe ventru et jovial à la barbe blanche. La résidence du Père-Noël fut officiellement établie en 1885, lorsque Nast dessina son parcours du Pôle-Nord aux États-Unis.

L’écrivain Webster reprenait cette idée et précisait que sa manufacture de jouets ainsi que sa maison  » étaient cachées dans la glace et la neige du pôle Nord « . Le Père-Noël était alors né.

Ce n’est toutefois qu’en 1931 qu’il commença à devenir très populaire et de plus en plus envahissant pour l’Église catholique, lorsque Coca-Cola commença à l’utiliser dans ses publicités.

Pendant près de 35 ans, il fut représenté en train de boire du coca pour reprendre des forces durant sa distribution de jouets, afin d’inciter les enfants à en consommer durant l’hiver.

Dorénavant vêtu des couleurs de la célèbre boisson, soit de rouge et de blanc, le Père- Noël était devenu le maître planétaire de la nuit magique de Noël.

Il est intéressant de constater que sous des climats plus chauds, le Père-Noël apparaît de façon différente: au Brésil, par exemple, il se déplace à dos d’âne tandis qu’en Australie on le retrouve sur une planche de surf.

Sa popularité, ainsi que l’achat de cadeaux que la tradition implique, semble avoir pris des proportions et implications énormes, tant au niveau économique que culturel et social.

Serait-il profitable de simplifier cette fête et de retourner à la source même de ses origines, c.-à-d. à la fête du soleil et à la naissance du Christ?

Les artifices et obligations entourant actuellement la fête de Noël sont-ils nécessaires? Pourquoi ne pas simplement profiter de cette renaissance solaire et célébration divine pour s’entourer des gens que l’on aime dans le partage et la joie.

Faisons acte de charité si l’occasion s’y prête, soyons en paix avec soi-même et envoyons de l’amour dans l’univers

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