Réintroduire les écosystèmes dans l’agriculture          

par Marie-Lou Gendron

Depuis des milliers d’années, les humains ont utilisé et modifié la nature afin de pratiquer l’agriculture. Cela a eu des impacts inévitables sur la biodiversité, l’écologie et la géographie. Mais au cours du XXième siècle, l’agriculture a pris un essor sans précédent et les méthodes intensives de production agricole bovines et maraîchères ont entraîné d’énormes conséquences non seulement sur le sol, l’hydrologie et l’atmosphère, mais également sur la précieuse biodiversité florale, faunique et humaine.

La dégradation des sols, la résistance des insectes ravageurs aux insecticides puissants, l’apparition d’organismes nuisibles, la migration de ceux-ci d’un continent à l’autre, la présence de polluants dans l’écosystème et les préoccupations grandissantes quant à la sécurité alimentaire nous invitent à changer nos pratiques agricoles (entre autres) afin de mieux respecter l’environnement ou du moins, de pas empirer l’état des choses.

À notre avantage et celui de la planète, nous devons appliquer de nouvelles solutions qui cette fois-ci, s’intègreront au modèle harmonieux et durable de la nature.

Le travail minimum du sol, l’agriculture durable et la phytoprotection par des agents de lutte biologique sont parmi ces nouvelles solutions concrètes et efficaces. Après la 2ième guerre mondiale, la lutte biologique fut jetée aux poubelles avec l’apparition de la lutte chimique. Pourtant, celle-ci ne datait pas d’hier! 400 ans avant J.-C., les chinois se servaient de fourmis carnivores pour contrôler les ravageurs des vergers et des mandariniers. Ils avaient conçu un ingénieux système de conduits de bambou afin qu’elles se déplacent d’un arbre à l’autre!

En 1889, la cochenille farineuse: Icerya purchasii dévastait les plantations d’agrumes de la Californie. En janvier 1889, la coccinelle rodolia cardinalis fut introduite et trois mois plus tard, elle avait décimé la population de cochenilles. Dans les années 30, on commença l’emploi à petite échelle d’agents de lutte biologique dans les serres avec le petit acarien prédateur orange: phytoseilus persimilis et la petite guêpe parasitoïde: encarsia formosa. Ces agents furent des pionniers qui sont aujourd’hui reconnus mondialement pour leur efficacité.

Oui, la lutte biologique a survécu, la révolution verte revient avec force et crédibilité convaincant de plus en plus de producteurs de laisser la lutte chimique. Losque nous cessons de craindre la nature en voulant la dominer, elle devient une précieuse et sage alliée.

Il est désormais possible d’acheter une panoplie d’auxiliaires de lutte biologique comprenant des insectes prédateurs spécifiques, parasitoïdes (vivant aux dépends d’un autre) ou encore des agents pathogènes (qui tuent l’être affecté). En plus de la lutte biologique classique, nous pouvons maintenant choisir entre la lutte microbiologique (micro-organismes tel que le bacillus turiengensis (BT)), ainsi qu’autocide (causant la stérilité des mâles).

La majorité des organismes vivants sont utiles. On ne peut plus se permettre d’éliminer tout ce qui bouge. Il faut d’abord observer et identifier les espèces qui habitent l’écosystème dans lequel nous nous trouvons.

Voyons ce qui est utile autant que ce qui ravage nos cultures, trouvons l’équilibre. Les agents de lutte biologique peuvent nous aider à rétablir cet équilibre.

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