Respire

par marie-eve

« C’est le souffle qui s’empare du corps et le fait se dresser. Ce qu’est le souffle, l’intelligence l’est aussi. Ce qu’est l’intelligence, le souffle l’est aussi car ensemble, ils demeurent dans le corps et ensemble, ils en sortent. »

Kuasitaki upanisad

 

La respiration, fonction primordiale chez l’être vivant, trop souvent oubliée, pourtant si généreuse et tout à fait délicieuse, mais combien exigeante. Première ressource de vitalité, le souffle entame et soutient notre vie sur terre. Il consiste a fournir de façon continuelle et adaptée, l’oxygène frais constamment nécessaire aux cellules et à éliminer les gaz carboniques qu’elles ont accumulé. Le corps humain tire principalement son énergie dont il a besoin de l’oxygène et du glucose. L’oxygène nourrit et contribue au processus d’élimination en oxydant les déchets. L’appareil respiratoire est un activateur de tout le métabolisme tant physiologique qu’énergétique: il ouvre la porte sur la purification.

Notre capacité respiratoire est de cinq litres environ, or l’humain-e moyen-ne n’utilise qu’environ 0,5 litre à chacune de ses respirations, donc seulement un dixième de ce qui lui est accessible. Puisque l’on sait que le cerveau accapare à lui seul plus de trente pour cent de l’oxygène respiré, il est intéressant de penser aux facultés developpées lorsque l’on respire plus profondément. Il existe un lien direct entre le rythme respiratoire et nos états de conscience. Une personne dont l’attention est complètement absorbée, comme lors d’un raissonnement poussé ou d’un défi physique, respire automatiquement très lentement. Des souffles rapides ou inégaux accompagnent les états émotionnels dommageables tels la peur, la luxure ou la colère. La fixité de l’attention dépend de la lenteur et de la profondeur de la respiration. La longévité est aussi intimement reliée à l’utilisation de notre souffle. On le constate facilement chez des animaux tels la tortue ou l’éléphant, reconnus pour leur longévité et leur rythme respiratoire inférieur à celui de l’être humain. Lors de conditions normales, nos poumons se remplissent d’air de seize à dix-huit fois par minute. Une cadence respiratoire lente et bien ressentie constitue un gage de revitalisation et même de rajeunissement, qui se produit automatiquement lors de notre sommeil.

Donc respiration lente, vie longue.
Le souffle représente un pont entre l’inconscient et le conscient puisqu’il nous est possible de respirer sous commande du cerveau, de régulariser, de cesser, de reprendre notre respiration, donc de lui allouer notre volonté consciente, ce qui ne nous est encore accessible avec les autres fonctions de notre métabolisme tels le coeur, l’appareil digestif, etc. Tout aussi bien nous respirons la majorité du temps de facon mécanique, géré instinctivement par notre système nerveux, cet élan de survie est alors vécu inconsciemment. Donc la respiration tient lieu de médiateur entre deux fonctions de notre être, entre lesquelles la frontière encore obscure ne demande que transparence.

Là ou se trouve le souffle se trouve l’esprit.
Il est important de respirer par le nez plutôt que par la bouche. Les voies nasales possèdent un système de filtre, les vibrisses, et de régulateur thermique, et permettent à l’air de se rendre directement dans les poumons et non dans l’estomac. Le prâna, cette énergie vitale qui n’est pas l’oxygène, impondérable mais néanmoins réelle n’est assimilable que par le nez. La structure anatomique des conduits nasaux engendre un tourbillonnement d’air qui aspiré par le haut, vient obligatoirement en contact avec la voûte nasale, permettant la pénétration du prâna.

Créant ainsi la divine inspiration !!!
Il est aussi très important de bien respirer à partir des abdominaux. En gonflant les muscles du ventre lors de l’inspiration, le diaphragme se sous-tend pour libérer ainsi une plus totale spatialité des poumons, ce qui permet d’avoir accès à la partie inférieure du potentiel pulmonaire, ce que ne permet pas la respiration thoracique encore très commune chez les humains. Il est aussi très bon de chercher à pousser l’expansion de l’inspiration jusqu’au muscles dorsaux, dans la régions des reins, tout comme il est excellent d’ouvrir sa cage thoracique de façon latérale, en ouvrant les côtes de chaque côté, plutôt que simplement en soulevant la poitrine. Il est très satisfaisant de porter notre souffle-esprit dans tous les coins de notre corps, sentant l’espace qu’il permet de créer.

L’acte de respirer est jouissif en soi, connectant notre corps avec la sensation profonde d’être en vie. Combien de temps accordons nous au cours de nos journées à simplement être, plutot que faire, à prendre la liberté d’apprécier le simple fait de vivre et de le créer par cette capacité à respirer?

L’utilisation de la respiration consciente devient alors un outil totalement efficace dans la connection à l’essentiel. Au -delà de nos désirs personnels, elle nous ramène à notre voie fondamentale. Véritable médiatrice lors des réglements de conflits, la respiration pratiquée en groupe crée presque automatiquement un climat de détente, d’écoute et de vérité. Elle ramène l’ordre dans les émotions et stimule une inspiration nouvelle, apportant concentration et regénération.

C’est par elle que nous vivons, rendons- lui hommage.

Respirons ensemble !!

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