Retrouver son corps !

par Olivier Brière

Je vous propose, au cours de cette petite chronique, d’aborder quelques- unes des ressources actuellement disponibles qui puissent nous aider à reprendre un peu plus d’influence sur notre vie. Tout au long de la recherche que j’ai fait en vue de réaliser le Guide des Ressources Alternatives, j’ai pu étudier plusieurs documents très intéressants, en mettant l’accent sur ceux qui nous permettent d’avoir un contact humain accessible. Dans cette optique, ceux dont je vous entretiendrai maintenant sont susceptibles, par l’information qu’ils donnent et l’échange qu’ils permettent, de nous amener à une plus grande connaissance sur le territoire dont chacun de nous doit revendiquer la gérance, notre propre corps.

Autosanté et bien-être
Aborder le thème de la santé, c’est nécessairement entrer dans un domaine où un joyeux mélange de théories s’affirmant ou s’infirmant les unes, les autres se combinent pour donner un fouillis complet. Faute d’autre tradition aussi forte que celle de la Science, la médecine classique garde encore plein pouvoir sur nos corps. Nous allons voir des médecins pour savoir qu’est-ce que nous avons, peu habitués que nous sommes de comprendre les messages que notre corps nous envoie sous forme de symptômes. Or, nous les faisons taire. Pour nous soigner, nous nous tuons un peu plus chaque fois en ingérant des comprimés rose, blancs ou jaunes. La santé, ce n’est pas « ne pas être malade », mais bien un état de bien-être global qui doit se savourer consciemment. Je crois que c’est en fait plus une démarche qu’un état : elle est plus dynamique que statique.

Ainsi, pour faire contrepoids à cette médecine de mort, tout demeure en notre pouvoir. Et c’est un geste politique de prendre soin de soi! Voici quelques pistes que je vous suggère d’explorer.

 

« Que ton aliment soit ton médicament »
Hippocrate

 

D’abord, l’Autosanté commence par l’alimentation. Tout aliment est notre jouvence, notre baume ou notre bourreau. Je n’entrerai pas dans les détails d’une définition sur ce que sont les aliments sains, car je crois que pour chacunE de nous la réponse est différente. Par contre, on peut être tenté d’esquisser une règle générale qui irait comme suit : un aliment sain prend soin du corps de celui ou celle qui le consomme et, dans une logique similaire, de son environnement qui par ricochet est un préalable à la santé du premier. Or, ce sont les aliments portant la mention « biologique » qui sont exempts d’engrais de synthèse, de pesticides, d’herbicides et d’OGM, qui remplissent sûrement le mieux ces deux conditions.

Pour nous aider à trouver pareils produits à la grandeur de la province, Équiterre met à notre disposition gratuitement le Bottin Équiterre, un répertoire de l’alimentation biologique et de la consommation responsable. Outre l’agriculture biologique, ce bottin traite de l’importance de la production locale, du commerce équitable et de l’efficacité énergétique. Y sont répertoriés, région par région, des fermes biologiques, les organismes de certification, des magasins d’aliments naturels, des restaurants et des organisations visant une utilisation plus écologique des transports et l’efficacité énergétique. Il met aussi l’accent sur le réseau des fermes fonctionnant sous le principe de l’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC). L’ASC est une formule dans laquelle les « consommateurs » sont assurés de recevoir des légumes frais et biologiques une bonne partie de l’année en échange d’un « abonnement » réglé en début d’année avec le producteur ou la productrice, qui lui/elle est assuréE d’un salaire et des fonds pour commencer la saison. En somme, ce guide est assez complet, visuel, renouvelé constamment sur internet www.equiterre.qc.ca accessible et gratuit.

Un autre guide édité en collaboration avec Équiterre, Le Petit Futé, Bio et nature Montréal, couvre en détail la grande région de Montréal dans les domaines de l’alimentation, l’environnement et la consommation responsable. Ce livre est à conseiller si vous demeurez à Montréal ou dans la périphérie.

Dans la même veine, un autre outil peut s’avérer très utile. Il s’agit d’une toute nouvelle publication offerte par le Centre d’Agriculture Biologique du Québec (CABQ) et intitulée: Biologique… de la terre à la table (ou Guide de Références Utiles en Agriculture et en Alimentation Biologique 2003). Le livre s’adresse à la fois aux agriculteurs-trices et paysanEs, aux jardiniers et au grand public. Pour le sujet qui nous occupe, la section Alimentation-santé est très intéressante. Elle regroupe, région par région, les détaillants, les restaurants et traiteurs, les distributeurs, grossistes et négociants, et les transformateurs qui touchent à l’alimentation biologique. Il est aussi possible de trouver les adresses de librairies spécialisées, de centres de santé, de personnes-ressources travaillant dans le domaine de l’alimentation et de la naturopathie. Ce livre est aussi très complet par l’information et les adresses qu’il contient, et il est d’autant plus conseillé si vous jardinez à l’occasion.

Ces deux ouvrages peuvent être utilisés de façon active et permettent de fournir à son corps comme à son palais les meilleurs remèdes pour vivre la santé. Par leur structure, ils permettent aisément d’organiser régionalement les bases d’une alimentation de qualité, en se rapprochant le plus possible de la source de notre santé: la Nature et ses fruits.

 

« Surtout, ne pas nuire! »
Hippocrate

 

L’Autosanté n’est évidemment pas que sous l’influence des aliments que nous ingérons. C’est un équilibre physique et psycho-affectif (le corps, l’esprit, les sentiments) que l’on se donne et dont nous devons tenter de garder plein pouvoir. Par des activités comme la méditation, la respiration, la relaxation, la visualisation, la sexualité, l’échange, les disciplines corporelles, l’exercice physique, le développement de la créativité et l’expression corporelle, nous pouvons entretenir un tel équilibre. Toutefois, il arrive qu’il chancèle à l’occasion. Cela se manifeste par les symtômes, les signaux que notre corps nous envoie. La première chose à faire pour guérir (et non seulement se soigner), c’est s’écouter. La guérison est aussi un engagement que le ou la « malade » doit prendre avec lui-même ou elle-même pour rétablir l’équilibre.

Dans cette démarche plusieurs chemins sont proposés dans les médecines alternatives. Pour retrouver de l’information à leur sujet, je vous propose le portail québécois le plus complet sur la santé et la médecine intégrée, le Réseau Proteus www.reseauproteus.net Tout à fait gratuitement, vous y trouverez : un index très complet des maux pouvant nous affliger et leurs moyens de guérison à travers différentes traditions médicinales; un index de plantes, d’aliments et de composés naturels traités comme des remèdes ou des solutions à ces maux; un index des thérapies, des associations et des intervenants pouvant nous aider; une liste d’ouvrages bibliographiques recommandés; un herbier médicinal avec des plantes à cueillir mois par mois et des recettes pour les apprêter; un calendrier d’activités; une liste d’ateliers, de stages et de formations offerts un peu partout; des centres de retraite, des cures et des vacances santé… Bref, à voir!

Finalement, les magasins d’aliments naturels sont en général un bon moyen de savoir ce qui se trame dans notre région sur ce qui touche l’alimentation et la santé. Il ne faut pas oublier non plus que la santé, ça ne s’achète pas, ça se construit (eh non… pas de fuite possible!). Alors respirez, savourez, mastiquez, savourez encore, bougez et savourez toujours.

Santé !

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