S’il pleuvait des arbres 

par le Collectif « S’il pleuvait des arbres »

La rencontre

C’était l’été. Alors que le crépuscule teintait doucement la Vallée Boréale, la symphonie nocturne débutait. Autour du feu, la Femme-Faucon et Wanashe respectaient le silence.

La dernière lueur du jour s’estompa…

La Femme-Faucon se retourna et dit: “Wanashe, Guérisseur d’arbres, tu partiras pour une grande aventure… Voilà une plume de Hibou Blanc. Sache qu’il sera toujours présent à tes côtés. Des conseils, il t’en offrira volontiers. Lorsque tu l’appelleras, il se manifestera à l’instant.”

Le cœur de Wanashe se serra. Il songeait aux montagnes du nord peuplées de robustes conifères. Jamais il n’aurait imaginé quitter la Vallée Boréale, même pour un bref moment. La Femme-Faucon devinait son déchirement et lui dit :

“Wanashe…Tu connais la Forêt avec ton âme et tu sais qu’elle est en danger. Elle se fait abîmer par les hommes depuis trop longtemps.”

Elle ferma les yeux…Wanashe se leva et la remercia en silence. Il en savait déjà assez.

Le voyage

Arrivé sur la Plaine Désolée, il toisa le paysage autour de lui. Les collines étaient déboisées, la terre, desséchée et la faune éclipsée. Les cours d’eau étaient de pierre et les racines des arbres, dénudées…

Au loin, deux silhouettes se dessinaient.

Il marcha vers ces deux êtres mystérieux.

À chaque pas, Wanashe éprouvait toute la désolation du lieu.

Curieux et triste à la fois, il avait l’esprit rempli de questions.

Peu à peu, les deux êtres se révélaient.

Devant lui se dressaient fièrement deux chênes majestueux. Leurs cimes touchaient les cieux.

Il en fut ébloui.

“Comment est-ce possible, des arbres sur cette terre vidée?…” s’interrogea Wanashe, un peu ébranlé.

Il  resta auprès d’eux jusqu’à la tombée de la nuit.

Chaque jour il marchait vers leur histoire en espérant saisir le sens réel de cette aventure.

Wanashe aimait s’étendre sur leurs racines et se perdre entre les rameaux.

La Femme-Faucon lui avait confié un secret; les arbres parlent. Si on prend le temps de les écouter, on entend leurs chants…
La dernière marche

Plusieurs lunes avaient passé. Wanashe devait quitter la Plaine Désolée. Il se réjouissait à l’idée de retrouver la Vallée Boréale mais avant de quitter, il fit une dernière marche.

Il souhaitait dire adieu à ses deux amis, les arbres. Ces deux solitaires enracinés au milieu du paysage désert. Il prit le chemin habituel, traversant les champs arides et les fermes délaissées. Il regardait au loin mais le paysage avait changé. Il ne pouvait plus distinguer les silhouettes. Les arbres avaient disparus.

Soudainement, Wanashe fut projeté dans le passé… Cette plaine désolée était autrefois une plaine féconde. Des arbres par milliers la recouvraient! Feuillus et conifères se côtoyaient.

Des rivières sillonnaient les collines, une faune abondante y habitait! La beauté de ce paysage lui transperçait le cœur et le remplissait de quiétude.

Dans un éclair, il revit la Plaine Désolée… Il leva les yeux, puis étrangement…, le ciel se mit à pleuvoir des arbres.

Les arbres tombaient et s’enracinaient tout autour de lui. D’énormes pins, d’immenses chênes, de magnifiques bouleaux s’ancraient au sol.

Devant lui, la forêt reprenait sa place sacrée. La vision de Wanashe s’affaiblit et il se retrouva de nouveau seul avec les deux arbres. Sur l’une des branches, un hibou blanc était posé.

Comme un murmure apporté par le vent, le Hibou Blanc chantait :
“Parle des arbres, respecte les arbres, plante des arbres…fais pleuvoir des arbres!!!”

Il s’envola et laissa tomber aux pieds de Wanashe, un plume argentée…

Il remercia le Hibou Blanc de sa générosité et salua ses deux amis, les arbre

S’il pleuvait des arbres

Qu’il pleuve des arbres sur notre terre désolée
Qu’il pleuve des arbres afin que m’enseignent
Ces géants porteurs d’histoire et de beauté
Qu’il pleuve des arbres afin que soufflent nos enfants
Qu’il pleuve des arbres ne serait-ce qu’un instant
Afin qu’ils redeviennent libres et souverains
Qu’il pleuve des arbres où nous nous sommes rencontrés
Qu’il pleuve des arbres pour que je pleure ma joie
Et sous cette pluie grandira ma foi
Qu’il pleuve des arbres afin que je m’inspire
Qu’il pleuve des arbres afin que je les respire
Avec tout le coeur que j’ai
Et la vie pourra continuer…

Cinthia Anne Plouffe
Denis Charette
Sylvain Hupé

 

Présentation du collectif

Plusieurs gestes et évènements heureux expliquent la raison de notre projet.

La nature, les arbres, l’eau, la gestion des déchets, la santé, l’éducation et le développement durable…Voilà les différents sujets qui animent nos rencontres. Diffuser la beauté de l’arbre à travers l’art est notre principal objectif…

Au début de ce nouveau millénaire, la déforestation et la désertification demeurent des problèmes majeurs. Notre équipe désire sensibiliser les gens aux rôles importants que jouent l’arbre et les forêts dans nos vies et surtout pour les générations à venir .

La thématique de l’arbre constitue l’élément central de nos actions et de nos créations. Le regroupement S’il pleuvait des arbres s’exprime à travers des expositions, des performances publiques et des activités éducatives.

S’il pleuvait des arbres invite l’individu à réfléchir sur les arbres, à les découvrir, à poser des gestes afin de préserver cette merveilleuse richesse.

Denise Chabot, Denis Charette, Nathalie Charette, Mélodie Coutou, Sylvain Hupé, Cinthia Anne Plouffe Coordonnées: (819) 827-7628 racinevitale@sympatico.ca

 

 

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