Simplement, le bonheur !

par Julie Francoeur

65% des gens passent leurs heures de prétendus loisirs à faire des choses qu’ils n’aiment pas.

Depuis quelques années, les gens se préoccupent de plus en plus de leur santé. Alimentation, activité physique, développement personnel… Par ailleurs, on rencontre un nombre accru de maladies liées au stress (80% des maux occidentaux sont causés par le stress). Les médecines tant traditionnelles qu’alternatives sont débordées. Et la santé là-dedans?

Vivre plus simplement amènerait sans aucun doute la majorité de la population à avoir une meilleure relation avec la vie… Le concept de simplicité volontaire n’est pas nouveau mais reste méconnu. On le compare souvent à un mouvement radical qui stipulerait tout simplement de vivre de rien… Ce qui n’est pas le cas. La simplicité volontaire apporte, à mon avis, une solution intelligente à bon nombre de vies malheureuses ou malades. Un vie plus simple équivaut à travailler moins et conséquemment, à plus de temps passé avec ceux qu’on aime, à faire des choses qui nous passionnent.

Vivre simplement inplique évidemment un effort de conscientisation. Il importe tout d’abord de prendre conscience de ce qui bouffe notre temps, mais surtout, notre énergie.

Qu’est-ce qui bouffe l’énergie?
Les comptes à payer, le magasinage de Noël, les embouteillages, faire l’épicerie, le ménage, le patron pas facile, les clients chiâleux, pas aimer son travail, passer son temps au travail, chercher du travail, la publicité, les nouvelles de 5h00, se mettre en colère, se faire du soucis, avoir peur, avoir des allergies à cause du système d’aération déficient au bureau, avoir mal au dos depuis 3 ans parce qu’on est assis 40 heures par semaine… Faites la liste de ce qui bouffe votre énergie! Faites aussi une liste de ce que vous feriez si vous aviez plus de temps. Passer du temps seul, faire de l’artisanat, de la danse, du yoga, cuisiner, écrire, peindre, lire…

Là où la simplicité volontaire devient intéressante, c’est quand les rapports avec l’énergie changent. Le travail, c’est de l’énergie, souvent beaucoup d’énergie (surtout quand on n’aime pas ce que l’on fait). Il suffit de se demander pourquoi on travaille autant. Pour payer la maison, pour se vêtir, pour s’offrir des sorties, pour payer les comptes, la voiture… On a sans cesse l’impression de ne pas voir notre argent, il y a toujours quelque chose à payer! Mais, a-t-on réellement besoin d’une aussi grosse maison, d’une voiture, de payer une fortune pour s’habiller ? Quand on commence à se demander si on a vraiment besoin de tout ça, on en arrive souvent à une réponse négative. La sollicitation publicitaire nous incite sans arrêt à consommer des biens et des services dont on pourrait fort bien se passer. Pensez aux inombrables gadgets qui ne servent qu’une fois ou à toutes les sorties qui n’ont fait que vous fatiguer d’avantage…

En ayant plus de temps, on pourrait dépenser moins d’argent pour faire soi-même ce que l’on paie. Je fais allusion ici aux repas, au ménage, aux cadeaux, aux coupes de cheveux, aux vêtements, aux réparations de toutes sortes…

Au gré de mes lectures, j’ai récolté quelques trucs que voici:

  • Se débarrasser des choses que l’on garde inutilement pour créer de l’espace… Et qui sait, peut- être déménager dans plus petit (et moins cher)?
  • Simplifier dans le matériel de maison (couverts, literie)
  • Aller à la bibliothèque – à la phonothèque
  • Faire une liste de trente jours: quand on magasine, attendre 30 jours pour voir si on veut vraiment l’objet qui nous tentait.
  • Éliminer les sorties qui nous grugent temps et énergie
  • Évaluer les tâches ménagères sous un nouvel angle. Le plancher a-t-il vraiment besoin d’être balayé ET lavé? La literie a-t-elle besoin d’être lessivée à chaque semaine? Est-ce un acte barbare que de mettre le même pantalon ou chandail 2 fois?
  • Faire un budget pour voir où va notre argent (c’est surprenant!)
  • Cuisiner des recettes plus rapides et plus faciles
  • Arrêter de regarder la télé, cesser les mondanités, ne plus lire le journal et autres revues à potins
  • Fréquenter les friperies
  • Réutiliser le plus possible (autant les sacs ZipLock que les vêtements)

Le livre Votre vie ou votre argent propose quelques exercices très pertinents pour changer notre relation avec l’argent

  • Faire la bilan de tout l’argent que vous avez fait au cours de votre vie – à partir de l’enfance – et évaluer ce que vous avez économisé et acquis (le montant que vous auriez si vous vendiez tout).
  • Évaluer ce que votre emploi vous coûte vraiment en temps et en argent et calculer le salaire horaire réel (travailler coûte le transport, le resto, l’habillement, la maquillage… Calculer par semaine et déduire du salaire brut).
  • Faire un budget mensuel.

Avoir envie de se simplifier la vie est une chose, arriver à le faire demande de la vigilance, beaucoup d’efforts et de l’imagination. Freiner le rythme de la vie ne se fait pas en une semaine. Il s’agit ici de changer des comportements de consommation que l’on a souvent depuis de nombreuses années. Changer notre perception du travail aussi. Contrairement à ce qu’on peut penser, il est tout à fait possible d’avoir un emploi plus simple. Il faut se donner le temps de réfléchir à ce que l’on a envie de faire et d’effectuer des recherches dans ce sens.

La simplicité volontaire exige un effort, mais la liberté que l’on en retire est incontestable. Moins d’argent de dépensé, moins de besoins-luxueux-inutiles, moins d’heures à travailler, plus de temps pour nous-mêmes, pour ceux qu’on aime. Plus de temps pour la vie.

 

Références:

MONGEAU, Serge, La simplicité volontaire plus que jamais, éditions écosociété
ST-JAMES, Elaine, La vie simple, mode d’emploi, éditions First
DRAKE, John D, Ralentir, éditions écosociété
DOMINGUEZ Joe, ROBIN, Vicky, Votre vie ou votre argent, éditions Logiques
Entrevue avec Serge Mongeau, tirée de la revue RND, mars 2000

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