Forum des Va-Nu-Pieds

par Audrey Evers

À notre arrivée, un grand feu entouré d’une soixantaine de personnes côte-à-côte se reflète dans un tout petit étang. Nous décidons alors de descendre une petite colline afin de les retrouver. La rosée de l’herbe haute rafraîchit nos pieds. La lune est basse. Nous continuons notre procession parsemée des rires de mes camarades et de rencontres inattendues.

Le sable de la plage s’agglutine maintenant sous nos pieds. Puis, étrangement, mes amis bruyants d’enthousiasme, se turent… un à un… au fur et à mesure que nous nous avançons vers le lieu. Malgré tous les visages qui se profilent dans la noirceur, la plage est des plus calmes. Lentement, en tentant d’étouffer le bruit de nos pas, nous nous approchons du feu. En prêtant attention, une voix se détache du silence. Le cercle des Va-nu-pieds s’agrandit à notre venue où nous prenons place. Seuls les crépitements du feu atténuent le son des mots prononcés par ce nouveau camarade partageant ses impressions de la journée. Tous sont attentifs à chacun. Chacun ayant en tête un objectif commun, parfaire une autogestion démocratique et égalitaire. La soirée se poursuit, s’animant de débats. Des avis opposés sont prononcés sans malaise, avec franchise, ouverture et respect. Les réflexions s’approfondissent, se multiplient.

Une fois les mémoires du campement racontées, une poignée de main collective se soulève vers le zénith; signe que ce qui fut dit durant cette soirée sera porté en chacun de nous afin de poursuivre ce processus qu’est le Campement de la jeunesse. À ce moment, un bouillonnement festif s’empare des campeurs et campeuses pendant que la lune poursuit sa trajectoire au rythme des conversations et instruments.

Voilà comment débuta mon expérience au Campement québécois de la jeunesse 2005. Ce ne fut qu’un prélude de ce qui m’attendait dans les jours suivants…

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