La féminisation à quoi ça sert ?

par Sarah Maria

Suite à un débat d’idées portant sur la féminisation des textes du journal,
j’ai décidé de m’exprimer à ce sujet.

On sait que notre société s’est édifiée sur des bases patriarcales, à tous les niveaux: politique, histoire, économie, architecture, philosophie, et bien sûr langage. En d’autres termes, l’énergie YANG a été honorée et l’énergie YIN repoussée. Un déséquilibre s’est créé.

Depuis les années 70, un retour du balancier se fait sentir dans plusieurs domaines. Mais il reste beaucoup à faire, l’équilibre est encore loin, malgré ce qu’on peut parfois en penser. Il ne s’agit pas d’être fâchée ou révoltée. Je me sens en paix avec l’énergie YANG, en moi et autour de moi.

Je sais que la majorité des personnes qui vont lire ces lignes sont conscientes de cet état des choses, et travaillent pour le changer, dans leurs rapports avec les autres ainsi qu’avec soi-même.

Par contre… on masculinise encore nos textes.

En attendant de se parler par télépathie(!), le langage parlé et écrit est le mode de communication le plus utilisé par les humains. C’est l’idéologie d’un peuple.

La langue française reflète donc le système de pensée patriarcal qui prévalait quand elle fut pensée et officialisée. Tant que le masculin englobe le féminin pour simplifier (pensons-y deux secondes !), ça restera comme ça dans notre système de pensée.

Pour vraiment rééquilibrer les choses, il nous faut réinventer le langage. Mais ça, ça ne se fera pas du jour au lendemain ! Ça prend beaucoup de réflexion, de discussions et surtout de conscience. Et cette conscience-là, pour qu’elle se propage, il faut qu’on prenne les moyens. Guylaine Lanctôt St-Pierre, dans son dernier livre « Que diable suis-je venue faire sur cette terre ? », emploie le terme Diesse, pour Dieu et Déesse. Elle féminise tout son livre, c’est-à-dire qu’elle met même des mots au féminin qui selon les conventions seraient masculins. Tous les moyens sont à essayer!

En attendant, il reste que je ne me sens pas incluse dans (mots du dernier numéro) « acheteur », « conscient », « chacun », ou encore moins dans « l’Homme « !!! C’est peut-être un peu plus long au début de féminiser, et plus difficile à lire quand on n’y est pas habitué-es mais on s’y habitue en quelques semaines (avant j’étais réfractaire à la féminisation !) Et la conscience du YIN croît avec l’usage, dans l’écriture comme dans la lecture.

Pour certain-es, les mots, la grammaire sont des obstacles à une lecture passionnée, mais prenons conscience de leur IMPORTANCE ! Chacun de nos mots sont porteurs de tellement d’énergie! Ce n’est pas si pire de rajouter « e » à la fin d’un mot ou même de le réécrire au féminin pour renverser plus de 2000 ans de déséquilibre

Donc j’assume mon désir de concrétiser cet équilibre dans la matière en féminisant mes textes. Et nous sommes à la recherche de nouvelles façons d’écrire, qui pourraient être légères et neutres. Si vous avez des références , des connaissances, des idées à ce sujet, vous pouvez me contacter:

 

Références :

Que diable suis-je venue faire sur cette Terre ?
Guylaine St-Pierre Lanctôt

Mater Materia
Jacques Languirand

Parole de Femme
Annie Leclerc

Femme qui court avec les loups
Pinkola Este Clarisse

Les commentaires sont clos.