L’Institut du Nouveau Monde

par Olivier Bouchard-Lamontagne

L’histoire de l’INM
L’Institut du Nouveau Monde a été créé pour réunir les citoyens et les citoyennes qui refusent d’être spectateurs pour devenir artisans du monde en devenir. Il est dans un contexte non partisan, ouvert aux divers points de vue, tourné vers l’innovation. Né le 22 avril 2004, à l’été 2005 elle comptait 800 membres de toutes les régions du Québec et de toutes les générations. Son but est de faire émerger des idées nouvelles dans le cadre d’un dialogue entre citoyens et experts. L’INM est un institut indépendant voué au renouvellement des idées et à l’animation de débats publics au Québec.

L’École d’été
L’école de citoyenneté aux airs de festival se déroula en plein coeur de Montréal, soit l’UQÀM. à laquelle 600 personnes participèrent. Excellente façon de s’initier à la citoyenneté. De plus, un festival citoyen avec des conférences, des ciné-débats, des pièces de théâtre, des spectacles d’humour et de musique, le Carrefour de l’engagement et le Café citoyen sont des exemples de la programmation.

  • Ralph Nader, candidat des présidentielles américaines
  • Jack Layton, chef du Nouveau Parti Démocratique
  • Françoise David, porte-parole d’Option Citoyenne
  • Steven Guilbeault, directeur général de Greenpeace
  • Gérard Bouchard, sociologue et historien à l’UQAC
  • Pierre Dansereau, le « père de l’écologie québécoise »
  • Jacques Languirand, auteur
  • Alain Gravel, journaliste du magazine Enjeux
  • Réjean Thomas, président fondateur de Médecins du monde Canada et de la clinique l’Actuel

Tables rondes

  • Devrions-nous prolonger l’autoroute 25?
  • Vers l’égalité hommes-femmes: comment impliquer les hommes?
  • Nos forêts, au bord du gouffre?

Ateliers

  • La coopérative de travail: vision et mode d’action
  • La préservation des milieux naturels et vous
  • Des jardins sur les toits
  • Village et engagement citoyen
  • La révolution créatrice!
  • Les déjeuners-rencontres avec des personnalités

L’empreinte écologique et les mesures vertes de l’École d’Été
Pour éviter le gaspillage et la surconsommation qui arrivent malheureusement trop souvent lors de gros événements, voici des actions envisagées par l’INM. Pour le papier, impression du strict nécessaire, soit les informations de nature logistique, la documentation disponible sur le site Internet, un sac de toile, les brochures disponibles sur demande au Carrefour de l’engagement, des bacs de recyclages disponibles partout, des tasses de plastiques réutilisables, menu végétarien possible, le babillard électronique pour le covoiturage, l’utilisation de grandes salles pour éviter la climatisation superflue.

Les six idéaux-thèmes
Inspiré des 50 propositions du Projet citoyen de 2004, voici les six idéaux-thèmes pour poursuivre collectivement les actions vers le nouveau monde.

  • Une société juste
  • Un développement durable
  • Une consommation responsable
  • Une mondialisation équitable
  • Une éducation pour tous
  • Une nation pluraliste

Les projets
Le Projet citoyen est l’occasion de vivre concrètement l’expérience de la démocratie avec créativité. Différentes approches possibles (politique, communautaire, humanitaire, économie et coopération, artistique ou internationale) pour améliorer notre société et pour la construction d’un monde meilleur. Trois phases: préparation, exécution et rétroaction. À l’École d’été, nous avions la chance d’élaborer la première phase. L’INM contribuera à faire connaître les projets et leurs promoteurs et à valoriser la réalisation des projets. De plus, les projets médias permettent de s’initier au métier de l’information dans une optique citoyenne, encadrés par des professionnels. Trois profils: journalisme écrit, radiophonie et vidéo documentaire.

Témoignage
Je me souviens de mon cousin et d’une conversation passionnante où nous voulions changer le monde. « Changer le monde », peut-être que cela semble une idée inaccessible, mais pas pour l’Institut du Nouveau Monde qui l’exprime par son slogan publicitaire. Je me suis inscrit à l’École d’été et à la conférence de Ralph Nader en plein festival citoyen pour y faire une immersion et avoir une réelle idée à partager avec mes pairs de cette école qui révolutionnera la visée de l’éducation au Québec et dans le monde.

(mercredi soir)

Soirée conférence avec 600 personnes pour entendre Ralph Nader, ancien candidat progressiste des élections présidentielles aux États-Unis. Est-ce possible d’être progressiste en terre américaine? Il nous fit un rapide survol de la politique américaine et du chemin qui le menèrent aux élections, itinéraire rempli d’espoir, car un simple citoyen comme lui a pu se rendre à l’affrontement idéologique avec George W. Bush, principal noeud du néolibéralisme. Je posai une question: « Est-ce que vous croyez que les grands dirigeants de multinationales et de gouvernements partagent une implication dans des sociétés secrètes, telle que la franc-maçonnerie? » et il répondit « Je pense que non, s’il y en a une, c’est l’argent. »

(jeudi)

Inscription aux activités de l’École d’été. Dans une ambiance éducative stimulante, soit le décor de l’UQÀM, les jeunes gambadèrent dans le Carrefour de l’engagement pour partager un idéal entre groupes écologiques, sociaux, politiques et humanitaires. J’y découvre l’OFQJ qui me guidera vers l’Europe, un organisme qui aide les gens du Mali en pleine famine, les partis politiques qui sont pour une fois tous ensemble avec le visage de la jeunesse, les groupes environnementaux enfin à proximité qui expriment peut-être la future coalition pour avoir plus de poids dans la balance. Alain Stanké nous présenta son engagement au coeur des vidéos Paradisio et comment le projet changea la vie d’une jeune dans la rue. Une courte création théâtrale nous présente l’École d’été et un groupe Rap prend le relais et nous scande le slogan « Trouvons des solutions! ». Ça y est, nous nous rassemblons par thématique et moi, j’ai choisi artistique. Ma copine, Geneviève, présente son idée de créer un projet pour rapprocher les Premières Nations des Québécois par le biais de la culture: L’Anedda est née. En soirée, nous assistons à un panel sur la réforme du mode de scrutin. Marie-France Bazzo anime et je suis impressionné par la prestance de Joseph Facal et de son allocution sur le statu quo. Il a réussi à me convaincre que la Souveraineté est la priorité, ensuite, nous parlerons d’une réelle proportionnelle. Je posai des questions au Directeur général des élections et il me dit que l’UFP et le Parti Québécois seront désavantagés face au projet proposé par le Gouvernement Charest. Celui-ci favorisera la montée de la droite et des régions anglophones pour faire stagner l’option souverainiste et garder la main mise sur la nation. Un espoir: le projet du futur siège à l’Assemblée Nationale pour un candidat du Nunavut pour enfin représenter les Premières Nations en politique québécoise.

(vendredi)

Déjeuner-conférence où je côtoie tous les candidats de la course à la chefferie du parti Québécois. C’est comme si je parcourais les pages du journal. André Boisclair me jette un regard interrogateur lorsque je lui dis qu’après la souveraineté, nous pourrions révolutionner le mot démocratie au Québec et en faire une nation écologique. J’affronte Pier-André St-Amant en lui exprimant mon mécontentement sur les faibles avancées qu’il a négociées lors de la grève étudiante. Il aurait pu aider la CASSÉE à joindre les tables de négociation pour faire de la gratuité scolaire une réelle perspective au Québec. Première activité: table ronde sur l’état des forêts boréales. Guy Chevrette refroidit la salle par sa présence imposante, les écoliers se serrent les coudent et affrontent. Je me suis moi-même engagé à lui raconter l’histoire de ma région, le Lac-St-Jean, et le joug de l’industrie forestière sur les habitants depuis William Price, pour conclure avec l’idée d’arrêter immédiatement l’exploitation forestière, de se consulter et d’aller dans le même sens pour une gestion écosystémique et une réelle nationalisation de la forêt publique, autant au niveau de l’exploitation que de la transformation. L’énergie des étudiants est stimulante et porteuse d’avenir. En après-midi, conférence de Ghislain Leclerc de Publiciterre, boîte de publicité engagée. « La boîte qui a fait les pubs de « Vas-y, fais-le pour toi » est la même qui fait les pubs de Burger King qui agrandissent les mains et la mâchoire pour manger les burgers. » Il exprima le réel besoin d’un engagement éthique pour les designers graphiques.

L’Anedda se précise, nous nous imaginons en pleine église abandonnée pour la restaurer et y créer un endroit d’expression artistique multiculturelle. L’émotion est palpable, nous passons du rêve à la réalité. Je clos la soirée par un souper entre amis fraîchement rencontrés pour parler de changer le monde.

(samedi)

Atelier pour nous expliquer comment il est possible de réaliser des jardins sur les toits. Un organisme s’y dévoue à Montréal et a réussi à en élaborer un sur le toit d’un pavillon de l’UQÀM. C’est une bonne idée pour l’Université Laval. Ça permet d’avoir une ville plus verte et de donner des bons légumes pour les cafés étudiants. Cours magistral de Louis Balthazar sur la politique américaine et des multiples expressions de la peur qu’elle provoque. Il conclut sur l’idée que nous ne devrions pas avoir peur des USA, mais plutôt de nous-mêmes, car nous sommes trop souvent complices par notre mode de vie. Pour l’Anedda, nous concluons sur l’idée de faire une réelle collaboration avec les Premières Nations pour ensuite faire une immersion et un gigantesque atelier de création artistique et finalement rapprocher une communauté à proximité. Notre projet est concret et prêt à être présenté. Je suis le porte-parole et je me fais interroger par un jeune du projet média. C’est maintenant au tour de Jack Layton de nous parler politique, il incite les gens à s’impliquer au niveau local, soit les quartiers et le municipal, et il dénonçe Charest comme artisan du néolibéralisme Énergique est Jack et il a réussi à nous faire un blitz de toutes les réponses à nos questions. En soirée, c’est le spectacle de Yann Perreault et géniale est la fusion entre le style nouvelle vague et la musique francophone. Les gens dansaient en synergie avec le groupe et le climax de l’hymne Da Funk de Daft Punk en pleine improvisation musicale. Wow!

(dimanche)

L’assemblée thématique nous convoque à une nation pluraliste. Je présente le projet de l’Anedda et tout coule pour notre bateau. Les gens sont intéressés, mais je me rends compte qu’il manque des gens et que la façon de voter ne favorisera pas notre équipe. Le procédé d’élections est à remettre en question, étant donné que nous pouvons voter pour notre projet et que nous sommes moins nombreux que les autres équipes. Aussi, je me demande si les gens ont réellement compris la réalité de notre visée multiculturelle, étant donné qu’on oublie souvent les Premières Nations à l’intérieur du territoire québécois. Pour moi, les réserves, c’est comme des pays à l’intérieur du pays, c’est pour ça que c’est pour nous multiculturel. Espérons que les électeurs ont compris cela! Nous ne sommes pas retenus pour la grande assemblée citoyenne. Par contre, les projets sont passionnants, comme les projets humanitaires au Congo, au Guatemala, ou encore le réseau de gîtes touristiques pour rendre le Lac-St-Jean écologique, les campagnes de pubs pour nous informer de l’impact du plastique, pour nous rapprocher de la communauté musulmane. Nous changerons le monde! Cinq projets seront présentés à Indicatif Présent avec Marie-France Bazzo. Peut-être un jour pour nous et l’Anedda. Nous avons décidé que nous poursuivrons notre projet même si nous n’avons pas été choisis, nous nous échangeons nos courriels et nous entrerons en communication, bientôt…

(conclusion)

Ma participation à l’INM m’a permis d’être dans le feu de l’actualité et de patauger autour de la pointe de l’iceberg des idées progressistes au Québec. L’interaction était possible et nous sentions que c’était nous, les écoliers, qui dirigeaient l’école dans le sens que nous désirions. L’INM rassemblait les outils et l’énergie pour y croire.

(dans la semaine qui suivit)

Je participai au Campement de la jeunesse. Dès mon arrivée, l’accueil fut personnalisé et chaleureux. Le mystère planait. Des gens qui faisaient des cercles pour parler de sujets progressistes, des endroits porteurs d’avenir pour le futur écovillage, la coordination artisanale qui rendait l’événement très interactif et humain. Nous nous sommes joints aux participants pour le méchoui et nous échangions chaleureusement sous les étoiles et les échos des rires sur les montagnes. Ambiance féérique de concrétisation d’utopie. Je vis immédiatement un parallèle entre l’École d’été de l’INM et l’école qu’est en soit le Campement québécois de la jeunesse. Une collaboration est-elle possible?

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